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Virtualisation et installation — exercices

Des situations concrètes de TP : dimensionner, installer, configurer, et surtout diagnostiquer quand ça ne marche pas.

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Ce qui est évalué ici

Personne ne vous demandera de réciter une suite de clics. Ce qui compte, c'est de justifier chaque choix — pourquoi ce mode réseau, pourquoi cette taille de disque, pourquoi une IP statique — et de savoir retrouver la panne quand l'installation ne se comporte pas comme prévu.

01Dimensionner des VM

1Trois machines sur un poste de 16 Go Moyen

Votre poste de travail dispose de 16 Go de RAM, d'un processeur 8 cœurs et de 500 Go de disque. Vous devez monter une maquette avec trois machines virtuelles :

  • un serveur Debian en console, qui hébergera un service DHCP ;
  • un client Windows 11 ;
  • un Windows Server 2019.

Proposez un dimensionnement (RAM, processeurs, disque) pour chaque VM, et justifiez. Les trois doivent pouvoir tourner en même temps.

✅ Correction
VMRAMvCPUDisqueJustification
Debian console1 Go110 Go Sans interface graphique, Debian tient largement dans 1 Go. Le TP prévoit d'ailleurs un disque de 10 Go
Windows 114 Go264 Go Ce sont les minimums imposés, pas des recommandations : en dessous, l'installation refuse de démarrer
Windows Server 20194 Go260 Go 2 Go suffisent en théorie, mais deviennent pénibles dès qu'on installe des rôles (AD, DNS, DHCP)
Total alloué9 Go5 vCPU 134 Go

Il reste 7 Go à l'hôte, ce qui est confortable : son propre système, le navigateur et VirtualBox lui-même en consomment déjà 4 à 6 Go.

⚠️ Les deux erreurs de dimensionnement
  • Tout allouer. Attribuer 5 + 5 + 5 Go sur 16 laisse 1 Go à l'hôte : celui-ci se met à utiliser le fichier d'échange, et tout devient lent — VM comprises. Gardez toujours au moins 4 Go à la machine hôte.
  • Additionner les cœurs sans réfléchir. On peut allouer plus de vCPU que de cœurs physiques — l'hyperviseur les partage dans le temps —, mais si toutes les VM travaillent simultanément, chacune ralentit. Sur 8 cœurs, 5 vCPU répartis est raisonnable.
🧰 Disque dynamique ou fixe ?

Un disque dynamique ne consomme sur l'hôte que l'espace réellement utilisé : les 64 Go déclarés pour Windows 11 n'occuperont peut-être que 25 Go au départ. C'est ce qui permet de déclarer 134 Go de disques virtuels sans les avoir physiquement.

Un disque fixe réserve tout l'espace immédiatement : légèrement plus rapide, mais nettement moins souple. En TP, prenez toujours du dynamique.

2Choisir le mode réseau Moyen

Pour chacune de ces situations, quel mode réseau VirtualBox choisir — NAT, accès par pont ou réseau privé hôte ?

  1. Une VM Debian qui doit seulement télécharger des paquets avec apt.
  2. Un serveur web sur une VM, que vous voulez consulter depuis le navigateur de votre PC.
  3. Une maquette de trois VM qui communiquent entre elles, sans aucun accès à Internet, pour tester un DHCP sans perturber le réseau du lycée.
  4. Un Windows Server qui doit être joignable par les autres postes de la salle.
✅ Correction
SituationModePourquoi
1 — apt seulementNAT La VM sort vers Internet, c'est tout ce qu'on demande. Aucune configuration, aucun risque de conflit d'adresses
2 — serveur web consulté depuis l'hôteAccès par pont Il faut que la VM soit joignable. En NAT, elle est invisible depuis l'hôte
3 — maquette DHCP isoléeRéseau privé hôte Les VM se voient entre elles, et le serveur DHCP ne peut pas distribuer d'adresses sur le réseau du lycée
4 — serveur joignable par la salleAccès par pont La VM reçoit une adresse sur le réseau physique et se comporte comme une vraie machine
⚠️ Le DHCP « sauvage » — la faute qui fâche

La situation 3 n'est pas un caprice pédagogique. Un serveur DHCP en mode pont se met à répondre aux demandes de toutes les machines du réseau, avant le vrai serveur. Résultat : des postes qui reçoivent une mauvaise adresse, une mauvaise passerelle, et une salle entière déconnectée.

C'est l'incident classique du TP DHCP. Un serveur DHCP en test se monte toujours sur un réseau isolé.

🌍 Pourquoi le NAT rend la VM invisible

En NAT, VirtualBox joue le rôle d'un petit routeur : la VM est dans un réseau privé interne (souvent 10.0.2.x) et ses paquets sortants sont traduits avec l'adresse de l'hôte. Vers l'extérieur, tout passe. Mais dans l'autre sens, aucune règle ne dit où rediriger une connexion entrante : elle est simplement abandonnée. C'est exactement le comportement du NAT de votre box — et c'est pourquoi il faut configurer une redirection de port pour héberger un service chez soi.

02L'installation de Debian

3Retrouver les choix du TP Facile

Pour chaque écran de l'installateur Debian 12, indiquez le choix retenu dans le TP et justifiez-le en une phrase.

  1. Premier écran : Install ou Graphical install ?
  2. Nom de domaine ?
  3. Méthode de partitionnement ?
  4. Schéma de partitions ?
  5. Sélection des logiciels ?
  6. GRUB ?
✅ Correction
ÉcranChoixJustification
1 — ModeInstall Mode console : plus simple et plus rapide. On n'installera pas d'interface graphique, qui alourdirait le système inutilement
2 — DomaineLaissé vide Non obligatoire, et inutile pour une machine de TP isolée
3 — PartitionnementAssisté — utiliser un disque entier Le disque de 10 Go de la VM ne contient rien d'autre à préserver
4 — SchémaTout dans une seule partition Recommandé pour les débutants ; suffisant pour une VM jetable
5 — LogicielsUtilitaires usuels du système uniquement Décocher « Environnement de bureau Debian » et « GNOME », qui sont cochés par défaut
6 — GRUBSur le disque principal Sans programme d'amorçage, la machine ne démarrera pas, même si le système est parfaitement installé
⚠️ L'écran 5 est celui qu'on rate

« Environnement de bureau Debian » et « GNOME » sont pré-cochés. On appuie sur Entrée sans regarder, et on se retrouve avec une interface graphique complète sur ce qui devait être un serveur minimal : plusieurs gigaoctets de disque, des centaines de mégaoctets de RAM en permanence, et une surface d'attaque démultipliée.

Le TP insiste explicitement : « il est important de désélectionner… sinon vous installez une interface graphique qui ne sera pas utile et qui alourdira le système ».

4Quand séparer les partitions ? Moyen

Le TP retient « tout dans une seule partition ». Dans quels cas cela devient-il un mauvais choix, et quelles partitions séparerait-on ? Donnez un scénario concret de panne évitée.

✅ Correction
Partition séparéeCe qu'elle contientLe risque qu'elle écarte
/homeLes données des utilisateurs Permet de réinstaller le système sans perdre les données
/varLes journaux, les bases de données, les fichiers des services Un journal qui s'emballe ne remplit plus tout le disque
/tmpLes fichiers temporaires Un utilisateur ou un programme ne peut plus saturer le système

Le scénario concret

Un service web mal configuré se met à écrire une erreur par milliseconde dans /var/log/apache2/error.log. En quelques heures, le fichier atteint plusieurs gigaoctets.

  • Avec une partition unique : le disque entier se remplit. Plus aucun fichier ne peut être écrit — ni par le système, ni par les utilisateurs. La machine ne peut souvent même plus se connecter, car la session a besoin d'écrire. Vous découvrez la panne quand tout est déjà bloqué.
  • Avec /var séparé : seule cette partition sature. Le système continue de fonctionner, vous pouvez vous connecter, identifier le fichier coupable et le vider. Le service concerné est en panne ; la machine, non.
🌍 La règle en une phrase

On sépare ce qui grossit de façon imprévisible — journaux, données utilisateurs, fichiers temporaires — de ce qui doit rester fonctionnel : le système. C'est du cloisonnement, exactement comme les compartiments étanches d'un navire.

03Les prérequis Windows 11

5« Ce PC ne peut pas exécuter Windows 11 » Moyen

Vous créez une VM avec ces paramètres, puis démarrez sur l'ISO de Windows 11 :

Nom            : Client-W11
Type           : Microsoft Windows
Version        : Windows 11 (64 bits)
Mémoire        : 4096 Mo
Disque         : 64 Go, dynamique
Processeurs    : 1
Système        : carte mère → UEFI décoché, TPM : aucun

L'installation s'interrompt avec « Ce PC ne peut pas exécuter Windows 11 ». Identifiez toutes les causes et corrigez-les.

✅ Correction
ParamètreValeur donnéeExigenceVerdict
Mémoire4096 Mo4 Go minimumConforme
Disque64 Go64 Go minimumConforme
Version 64 bitsOuiProcesseur 64 bitsConforme
Processeurs12 cœurs minimum EN CAUSE
UEFIDécochéObligatoire EN CAUSE
TPMAucunTPM 2.0 EN CAUSE

Les corrections, dans la configuration de la VM

VirtualBox — mode Expert
Système → Carte mère → cocher « Activer UEFI (OS spéciaux seulement) »
Système → Carte mère → TPM : v2.0
Système → Processeur → Nombre de processeurs virtuels : 2
⚠️ Ces réglages se font AVANT le premier démarrage

Passer de BIOS hérité à UEFI change la façon dont le disque est partitionné — MBR contre GPT. Si l'installation a déjà commencé, le disque est au mauvais format : il faut supprimer la VM et recommencer.

D'où le réflexe : on termine entièrement la configuration de la VM avant de la démarrer une seule fois.

🧰 Le quatrième réglage à ne pas oublier

Le TP demande aussi de décocher Proceed with Unattended Installation à la création de la VM. Cette option laisse VirtualBox installer Windows tout seul, en créant un compte de son choix — vous ne verriez alors aucun des écrans d'installation, et l'objectif du TP (« créer un utilisateur local ») serait manqué.

04Configurer SRVTECH

6Les quatre réglages d'après-installation Moyen

Vous venez d'installer Windows Server 2019 pour le projet TechShop. Détaillez les quatre réglages à effectuer, avec les valeurs exactes, et justifiez chacun.

✅ Correction

a. Fixer l'adresse IP

Adresse IP            192.168.100.10     ← VLAN Administration
Masque                255.255.255.0      ← /24
Passerelle par défaut 192.168.100.1      ← l'interface du routeur dans ce VLAN
DNS                   127.0.0.1          ← le serveur est son propre serveur DNS

Pourquoi statique : un serveur doit être joignable à une adresse stable et prévisible. Avec le DHCP, son adresse pourrait changer et tous les clients le perdraient.

b. Nommer le serveur : SRVTECH

Un nom explicite est indispensable dès qu'un parc dépasse quelques machines : on retient un nom, pas une adresse. C'est aussi le nom sous lequel il sera enregistré dans le DNS.

c. Désactiver le pare-feu Windows

En TP uniquement, pour écarter d'emblée toute source de blocage pendant les tests. En production, c'est une faute : on ouvre les ports nécessaires, et rien d'autre.

d. Définir un mot de passe administrateur

Windows Server impose sa politique de complexité : longueur minimale, majuscules, minuscules et chiffres.

⚠️ Le piège du DNS à 127.0.0.1

Ce réglage n'est correct que parce que ce serveur héberge lui-même le service DNS — ce qui est le cas d'un contrôleur de domaine Active Directory.

Sur un serveur qui ne rend pas ce service, indiquer 127.0.0.1 en DNS le priverait de toute résolution de noms : il s'interrogerait lui-même et n'obtiendrait rien. Si on vous demande de justifier, la réponse est « parce qu'il est lui-même serveur DNS », pas « parce que c'est un serveur ».

05Diagnostic de panne

7Quatre symptômes, quatre causes Exigeant

Pour chaque symptôme, identifiez la cause la plus probable et la correction.

  1. Depuis SRVTECH, ping 192.168.100.1 répond, mais ping www.google.fr échoue avec « hôte inconnu ».
  2. La VM Debian atteint Internet et met à jour ses paquets, mais depuis votre PC hôte, ping vers la VM ne donne rien.
  3. Vous avez installé Debian, tout s'est bien passé, mais au redémarrage l'écran affiche No bootable device.
  4. Votre VM Debian rame et l'hôte aussi, alors que vous n'avez ouvert qu'un terminal.
✅ Correction

1. « Hôte inconnu » alors que la passerelle répond

Cause : le DNS. Le message distingue tout : « hôte inconnu » signifie que le nom n'a pas pu être traduit. Si le routage était en cause, on lirait « délai d'attente dépassé ».

Ici, le serveur pointe sur 127.0.0.1 alors que le rôle DNS n'est pas encore installé. Correction : installer et configurer le rôle DNS, ou renseigner temporairement un DNS externe (8.8.8.8).

🧰 Le test qui isole toujours le DNS
ping 8.8.8.8          répond   → le réseau et le routage fonctionnent
ping www.google.fr    échoue   → le problème est FORCÉMENT le DNS

2. La VM sort, mais on ne la joint pas

Cause : le mode réseau NAT. C'est le mode par défaut de VirtualBox. La VM est derrière un routeur virtuel : elle sort, mais rien ne peut entrer.

Correction : passer en accès par pont — la VM reçoit alors une adresse sur le réseau physique — ou, si l'on veut rester en NAT, configurer une redirection de port.

3. No bootable device

Cause : GRUB. Deux possibilités :

  • le programme d'amorçage n'a pas été installé sur le disque principal — on a répondu « non » à l'écran GRUB, ou choisi le mauvais disque ;
  • l'ISO est resté monté et la VM tente encore de démarrer dessus, ou inversement l'ordre de démarrage pointe sur le lecteur optique vide.

Correction : vérifier l'ordre de démarrage de la VM et retirer l'ISO du lecteur virtuel. Si le problème persiste, redémarrer sur l'ISO en mode rescue et réinstaller GRUB.

🌍 Le message est trompeur

No bootable device ne veut pas dire que le disque est vide ou que l'installation a échoué. Le système est parfaitement là : c'est seulement le panneau indicateur — les quelques centaines d'octets du secteur d'amorçage — qui manque. D'où l'importance de l'écran GRUB, qu'on a tendance à valider machinalement.

4. Tout rame, hôte compris

Cause : sur-allocation de mémoire. On a attribué à la VM une part trop importante des 16 Go, et la machine hôte n'a plus assez de RAM : elle se met à utiliser le fichier d'échange sur disque, ce qui ralentit tout — y compris la VM elle-même.

Correction : réduire la mémoire allouée à la VM. Une Debian en console n'a besoin que de 1 Go. Conservez toujours au moins 4 Go à l'hôte.

⚠️ Le contre-sens du « plus j'en donne, mieux c'est »

Allouer 12 Go sur 16 à une VM ne la rend pas plus rapide : cela rend l'hôte inutilisable, et l'hôte est précisément ce qui fait tourner la VM. Le dimensionnement d'une VM se pense en fonction de ce qui reste à l'hôte, pas de ce qu'on aimerait donner à la VM.

⚡ Les erreurs qui coûtent le plus de points

  • Oublier UEFI et les 2 vCPU pour Windows 11 — et devoir tout recommencer.
  • Laisser GNOME coché à l'installation de Debian.
  • Rester en NAT quand on veut joindre la VM depuis l'hôte.
  • Monter un serveur DHCP en mode pont — et déconnecter toute la salle.
  • Sur-allouer la mémoire et étouffer la machine hôte.
  • Justifier le DNS 127.0.0.1 par « c'est un serveur » — c'est parce qu'il est lui-même serveur DNS.

Sources exploitées

  • 1-TP-Installation_Debian12.pdf — tutos-info.fr
  • 4-TP-Installer Windows 11 avec VirtualBox.pdf
  • 6-1-Installation_WinServer.pdf — projet TechShop