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Routage dynamique et RIP — exercices

Choisir un protocole, calculer une métrique, configurer RIPv2 et comprendre pourquoi il met trois minutes à réagir.

🎯

Ce qui distingue une bonne copie

Tout le monde sait écrire router rip. Ce qui rapporte des points, c'est de justifier par les chiffres : pourquoi 15 sauts, pourquoi 180 secondes, pourquoi version 2. Ces valeurs ne sont pas arbitraires — elles expliquent le comportement du protocole.

01Statique ou dynamique

1Quatre situations Facile

Pour chaque cas, choisissez routage statique, dynamique, ou les deux — et justifiez.

  1. Un réseau de 3 routeurs, stable, dans une PME qui ne compte pas s'agrandir.
  2. Le réseau d'une entreprise de 40 sites, avec des liaisons de secours.
  3. Le routeur d'une agence, relié uniquement au siège.
  4. La sortie vers Internet du routeur principal d'une entreprise qui utilise OSPF en interne.
✅ Correction
CasChoixJustification
1 — PME, 3 routeurs, stableStatique Le cours le dit : « faciliter la maintenance des tables dans les réseaux de petite taille qui ne sont pas amenés à se développer ». Peu de routes, aucune consommation de ressources, comportement prévisible
2 — 40 sites + secoursDynamique Ingérable à la main, et surtout : le dynamique s'adapte automatiquement aux pannes. C'est tout l'intérêt des liaisons de secours
3 — Agence, une seule sortieStatique — route par défautRéseau d'extrémité : « un réseau avec une seule route par défaut à la sortie et aucune connaissance des réseaux distants »
4 — Sortie InternetStatique, au milieu du dynamique« La route par défaut est presque toujours configurée en statique, même dans un réseau qui utilise du routage dynamique partout ailleurs »
🧰 La réponse générale attendue

Les réseaux combinent généralement les deux. Ce n'est pas un choix exclusif : on utilise le dynamique là où la topologie bouge, et le statique là où elle est figée par construction — sorties Internet, réseaux d'extrémité.

Répondre « tout en dynamique » ou « tout en statique » à une question de conception est presque toujours faux.

02Classer les protocoles

2IGP, EGP, vecteur, état de liens Facile

Complétez le tableau pour : RIPv2, OSPF, EIGRP, IS-IS, BGP.

ProtocoleIGP ou EGPApprocheAlgorithmeMétriqueAD
à compléter
✅ Correction
ProtocoleFamilleApprocheAlgorithmeMétriqueAD
RIPv2IGPVecteur de distance Bellman-FordNombre de sauts (max 15)120
OSPFIGPÉtat de liens Dijkstra (SPF)Coût = 10⁸ / bande passante110
EIGRPIGPVecteur de distance avancé DUALComposite : bande passante + délai90
IS-ISIGPÉtat de liensDijkstra Coût115
BGPEGPVecteur de chemin Best-pathPolitique (attributs)20 / 200
🧰 Les valeurs à mémoriser en priorité

Pour le BTS, trois AD suffisent — et elles se retiennent dans l'ordre de fiabilité :

Connecté 0 · Statique 1 · EIGRP 90 · OSPF 110 · RIP 120

Logique sous-jacente : plus le protocole est récent et fiable, plus sa distance est faible. RIP est le plus ancien et le plus rudimentaire — il est donc le moins crédible.

🌍 Pourquoi BGP est à part

BGP ne cherche pas le chemin le plus court : il applique des règles administratives et commerciales. Un opérateur peut préférer un chemin plus long parce qu'il lui coûte moins cher en accords de transit.

C'est pour cela qu'on le classe en « vecteur de chemin » et non en vecteur de distance : ce qu'il propage, c'est la liste des AS traversés, pas une distance.

03Métriques et meilleur chemin

3RIP contre OSPF Moyen

Depuis R1, deux chemins mènent au réseau 192.168.50.0/24 :

  • Chemin A — 2 routeurs traversés, toutes les liaisons en série 64 kbit/s ;
  • Chemin B — 4 routeurs traversés, toutes les liaisons en 1 Gbit/s.
  1. Quel chemin RIP choisit-il ? Pourquoi ?
  2. Quel chemin OSPF choisit-il ? Calculez les coûts.
  3. Que révèle cette différence ?
✅ Correction

1. Le choix de RIP

Le chemin A, parce que sa métrique est de 2 sauts contre 4. RIP ne connaît que le nombre de sauts : il ne regarde jamais le débit.

2. Le choix d'OSPF

calcul
coût d'un lien = 10⁸ / bande passante en bit/s

CHEMIN A — 2 liaisons à 64 kbit/s
  coût par lien = 100 000 000 / 64 000  = 1562
  coût total    = 1562 × 2              = 3124

CHEMIN B — 4 liaisons à 1 Gbit/s
  coût par lien = 100 000 000 / 1 000 000 000 = 0,1 → arrondi à 1 (minimum)
  coût total    = 1 × 4                       = 4

→ OSPF choisit le CHEMIN B  (coût 4 contre 3124)

3. Ce que cela révèle

RIP choisit un chemin environ 15 000 fois plus lent. C'est la limite fondamentale du comptage de sauts : un saut ne dit rien de la qualité du lien.

⚠️ La réponse attendue à « pourquoi RIP est-il dépassé »

Deux arguments, à donner ensemble :

  1. Sa métrique ignore la bande passante — il peut choisir un chemin catastrophique, comme ici.
  2. Sa convergence est lente — 180 à 240 secondes pour réagir à une panne.

Le troisième argument, plus mineur : sa limite de 15 sauts le rend inutilisable sur un grand réseau.

🌍 Le coût minimal de 1

La formule 10⁸ / bande passante a été définie quand 100 Mbit/s était le haut du panier — d'où le numérateur. Au-delà, le calcul donne une valeur inférieure à 1, arrondie au minimum de 1.

Conséquence : OSPF ne distingue plus 1 Gbit/s de 10 Gbit/s, tous deux à coût 1. En production, on corrige avec auto-cost reference-bandwidth. Ce n'est pas au programme, mais savoir pourquoi montre qu'on a compris la formule.

04Configurer RIPv2

4Deux commandes qu'on oublie Moyen

Un camarade a configuré RIP ainsi sur R1 :

R1(config)# router rip
R1(config-router)# network 172.30.0.0
R1(config-router)# network 10.0.0.0
R1(config-router)# end

Le réseau utilise des sous-réseaux en /26. Rien ne fonctionne correctement.

  1. Quelles sont les deux commandes manquantes ?
  2. Que fait exactement la commande network ?
  3. Pourquoi écrit-on network 10.0.0.0 et non network 10.0.0.4 255.255.255.252 ?
✅ Correction

1. Les deux commandes manquantes

Cisco IOS
R1(config)# router rip
R1(config-router)# version 2              ← ⚠ SANS ÇA, C'EST DU RIPv1
R1(config-router)# no auto-summary        ← ⚠ désactive la récapitulation
R1(config-router)# network 172.30.0.0
R1(config-router)# network 10.0.0.0

version 2 — par défaut, IOS émet du RIPv1, qui n'envoie pas les masques. Avec des sous-réseaux en /26, le routeur receveur applique le masque de classe et interprète tout de travers.

no auto-summary — sans elle, RIP résume les réseaux à leur frontière de classe. 172.30.1.0/26 et 172.30.2.0/26 seraient tous deux annoncés comme 172.30.0.0/16 : impossible de les distinguer.

2. Ce que fait network

Deux choses, et la première surprend :

  1. Activer RIP sur toutes les interfaces dont l'adresse tombe dans ce réseau — elles commencent à émettre et à écouter les mises à jour ;
  2. Annoncer ces réseaux aux voisins.

Oublier un network ne fait donc pas seulement « manquer une annonce » : cela désactive RIP sur l'interface concernée. Deux routeurs voisins physiquement ne se parlent alors pas du tout.

3. Pourquoi l'adresse classful

Parce que la commande network de RIP n'accepte pas de masque : elle raisonne par classes. network 10.0.0.0 désigne tout le réseau de classe A, et active donc RIP sur toutes les interfaces en 10.x.x.x — y compris celle en 10.0.0.4/30.

⚠️ L'effet de bord à connaître

network 10.0.0.0 active RIP sur toutes les interfaces en 10.x.x.x — même celles qu'on ne voulait pas voir participer. Sur un lien vers un partenaire ou vers Internet, cela revient à annoncer sa topologie interne à l'extérieur.

La parade : passive-interface, qui laisse le réseau annoncé mais empêche l'envoi de mises à jour sur cette interface.

Cisco IOS
R1(config-router)# passive-interface fa0/0     ← pas de RIP vers le LAN
R1(config-router)# passive-interface default   ← toutes, puis on rouvre au cas par cas
R1(config-router)# no passive-interface s0/0/0

Un LAN d'utilisateurs n'a aucune raison de recevoir des mises à jour RIP : c'est du trafic inutile, et un cadeau à un attaquant qui découvrirait ainsi toute la topologie.

05Lab RIPv2 complet

5Trois routeurs, RIPv2 de bout en bout Moyen

Trois routeurs en ligne : R1 — R2 — R3.

RouteurLANLiaison gaucheLiaison droite
R1192.168.1.0/24—10.0.0.0/30
R2192.168.2.0/2410.0.0.0/3010.0.0.4/30
R3192.168.3.0/2410.0.0.4/30—

Écrivez la configuration RIP des trois routeurs, puis indiquez ce que show ip route rip doit afficher sur R1 après convergence.

✅ Correction
Cisco IOS
! ─────────── R1 ───────────
R1(config)# router rip
R1(config-router)# version 2
R1(config-router)# no auto-summary
R1(config-router)# network 192.168.1.0
R1(config-router)# network 10.0.0.0
R1(config-router)# passive-interface fa0/0        ← pas de RIP vers le LAN

! ─────────── R2 ───────────
R2(config)# router rip
R2(config-router)# version 2
R2(config-router)# no auto-summary
R2(config-router)# network 192.168.2.0
R2(config-router)# network 10.0.0.0                ← couvre LES DEUX liaisons
R2(config-router)# passive-interface fa0/0

! ─────────── R3 ───────────
R3(config)# router rip
R3(config-router)# version 2
R3(config-router)# no auto-summary
R3(config-router)# network 192.168.3.0
R3(config-router)# network 10.0.0.0
R3(config-router)# passive-interface fa0/0

Ce que R1 doit afficher après convergence

Cisco IOS
R1# show ip route rip

R    192.168.2.0/24 [120/1] via 10.0.0.2, 00:00:14, Serial0/0/0
R    192.168.3.0/24 [120/2] via 10.0.0.2, 00:00:14, Serial0/0/0
R    10.0.0.4/30    [120/1] via 10.0.0.2, 00:00:14, Serial0/0/0
RéseauMétriquePourquoi
192.168.2.0/241 Le LAN de R2 : 1 routeur traversé
192.168.3.0/242 Le LAN de R3 : R2 l'annonce à 1 saut, R1 ajoute 1
10.0.0.4/301 La liaison R2–R3, annoncée par R2

Le réseau 10.0.0.0/30 n'apparaît pas dans cette liste : il est directement connecté à R1, donc marqué C et non R. Une route connectée (AD 0) l'emporte toujours sur une route RIP (AD 120).

🧰 Vérifier que la convergence est terminée
Cisco IOS
show ip protocols       version, réseaux, timers, voisins, interfaces passives
show ip route rip       les routes apprises + leur métrique
debug ip rip            les mises à jour EN DIRECT — puis undebug all

Comptez une à deux minutes avant de conclure que quelque chose ne marche pas : avec un cycle de 30 secondes, l'information doit franchir chaque routeur l'un après l'autre.

06Dépannage RIP

6Cinq symptômes Exigeant

  1. show ip route rip est vide sur R1, alors que RIP semble configuré.
  2. R1 apprend le LAN de R2 mais pas celui de R3.
  3. Les sous-réseaux en /26 apparaissent en /16 dans la table.
  4. Un lien tombe ; les postes continuent d'envoyer dans le vide pendant trois minutes.
  5. Un réseau distant est marqué possibly down avec une métrique de 16.
✅ Correction
#CauseVérification / correction
1Convergence non atteinte · interfaces down · network manquant · versions différentes entre voisins show ip protocols · show ip interface brief · attendre 1 à 2 min
2R2 n'annonce pas le réseau de sa liaison vers R3, ou R3 n'a pas de network pour son LAN show ip protocols sur R2 et R3
3no auto-summary manquant, ou on est resté en RIPv1 Ajouter version 2 et no auto-summary
4Comportement normal de RIP — timer invalid à 180 sRien à corriger : c'est la limite du protocole
5Le réseau est devenu inaccessible — métrique 16 = infiniVérifier le lien distant ; la route sera purgée à 240 s
⚠️ Le cas n° 4 n'est pas une panne

C'est le défaut de RIP, et la question porte précisément là-dessus. Quand un lien tombe, RIP attend 180 secondes sans mise à jour avant de marquer la route invalide, et 240 secondes avant de la supprimer. Pendant tout ce temps, les paquets partent dans le vide.

Ce n'est pas réparable : c'est par construction. La réponse attendue est « passer à OSPF », qui détecte la panne en quelques secondes grâce aux messages hello et à la diffusion immédiate des changements d'état.

🧰 La métrique 16 — le code de l'inaccessible

RIP ne dispose d'aucun moyen de dire « cette route n'existe plus ». Il annonce donc la route avec une métrique de 16, valeur conventionnelle de l'infini. Tout routeur qui la reçoit comprend que la destination est injoignable.

C'est aussi la raison de la limite à 15 sauts : il fallait réserver une valeur pour l'infini, et 16 devait rester atteignable rapidement pour éviter le comptage à l'infini.

🌍 Le comptage à l'infini, en une phrase

R1 perd un réseau. R2, qui n'est pas encore au courant, l'annonce à R1 comme joignable « à 2 sauts par moi ». R1 le croit, l'annonce à 3, R2 le réapprend à 4… et ainsi de suite jusqu'à 16.

C'est exactement contre cela que servent le holddown — ignorer les nouvelles informations sur une route qui vient de tomber — et la limite à 15 sauts, qui borne la durée du phénomène.

⚡ Les erreurs qui coûtent le plus de points

  • Oublier version 2 — on fait du RIPv1 sans le savoir, et le VLSM ne marche pas.
  • Oublier no auto-summary — les sous-réseaux fusionnent.
  • Croire que network ne fait qu'annoncer — il active RIP sur l'interface.
  • Écrire un masque après network — RIP raisonne par classes.
  • Conclure trop vite — laissez 1 à 2 minutes de convergence.
  • Confondre AD et métrique dans [120/2].

Sources exploitées

  • 4-cours_Routage_Dynamique.pdf — le professeur
  • 4- Lab — Configuring Basic RIPv2.pdf
  • cours-routage-dynamique.html