Atelier — infrastructure complète
Jusqu'ici, chaque chapitre installait une brique. Celui-ci les empile toutes sur une seule maquette — et c'est un exercice différent : ce qui coince, ce n'est plus une commande, c'est l'ordre dans lequel on les tape.
Résumé flash
Une infrastructure se monte de bas en haut : connectivité physique, puis adressage, puis VLAN, puis routage, puis services. Chaque étage suppose le précédent — configurer DHCP avant que l'inter-VLAN fonctionne ne produit rien d'observable, et fait croire que DHCP est en cause. Le plan d'adressage se calcule et s'écrit avant toute connexion à un équipement : c'est la seule étape où une erreur reste bon marché.
🔑
#topologie #plan-d-adressage #VLAN
#inter-VLAN #RIPv2 #DHCP
#NAT #PAT #NTP #IPv6
01 Lire la topologie avant de toucher au clavier
La maquette de l'atelier comporte trois routeurs, deux commutateurs, deux postes et un serveur simulant Internet. Avant toute chose, on la lit, et on en tire quatre informations qui commandent tout le reste.
| Information | Où elle se trouve | Ce qu'elle commande |
|---|---|---|
| Les réseaux et leurs préfixes | étiquettes sur les liens | le plan d'adressage entier |
| Le nom des interfaces | aux extrémités de chaque trait | sur quelle interface taper quoi |
| Les VLAN et leurs noms | la table « clé de VLAN » | la base VLAN et les sous-interfaces |
| Où passe la frontière avec Internet | le nuage et le routeur qui le touche | où marquer ip nat inside / outside |
1. Combien de domaines de diffusion ? Un par VLAN, un par liaison série. Ici : 3 VLAN + 2 liaisons série + le segment Internet.
2. Qui route quoi ? R1 route entre les VLAN, R2 sort vers Internet, R3 porte des réseaux simulés par des interfaces de bouclage.
3. Quel lien est un trunk ? Celui entre les deux commutateurs, et celui qui monte vers le routeur — ce sont les seuls qui portent plusieurs VLAN.
4. Où sont les adresses publiques ? Uniquement du côté R2–Internet. Tout le reste est privé, donc tout le reste doit être traduit pour sortir.
R3 porte trois réseaux — 192.168.4.0/24, 192.168.5.0/24 et
192.168.6.0/24 — mais aucun commutateur n'y est branché. Ce sont des
interfaces de bouclage (loopback) : des interfaces
logiques, toujours actives, qui servent à simuler des réseaux distants sans acheter le
matériel.
Elles ne tombent jamais, ce qui en fait aussi le meilleur endroit où poser l'identifiant d'un routeur. En atelier, elles évitent surtout d'avoir à dessiner trois LAN de plus.
02 Le plan d'adressage, calculé
Le sujet ne donne pas les adresses : il donne les réseaux et des consignes du type « utilisez la première adresse disponible ». Le plan se déduit, et il s'écrit en entier avant la première commande.
| Équipement | Interface | Adresse | Réseau |
|---|---|---|---|
| R1 | S0/0/0 | 172.16.1.1 | 172.16.1.0/30 |
| G0/1.21 | 192.168.21.1 | 192.168.21.0/24 — VLAN 21 | |
| G0/1.23 | 192.168.23.1 | 192.168.23.0/24 — VLAN 23 | |
| G0/1.99 | 192.168.99.1 | 192.168.99.0/24 — VLAN 99 | |
| R2 | S0/0/0 | 172.16.1.2 | 172.16.1.0/30 |
| S0/0/1 | 172.16.2.2 | 172.16.2.0/30 | |
| G0/0 | 209.165.200.233 | 209.165.200.232/29 | |
| Loopback 0 | 10.10.10.10/32 | serveur web simulé | |
| R3 | S0/0/1 | 172.16.2.1 | 172.16.2.0/30 |
| Loopback 4 | 192.168.4.1 | 192.168.4.0/24 | |
| Loopback 5 | 192.168.5.1 | 192.168.5.0/24 | |
| Loopback 6 | 192.168.6.1 | 192.168.6.0/24 | |
| S1 | VLAN 99 | 192.168.99.2 | administration |
| S3 | VLAN 99 | 192.168.99.3 | administration |
| Serveur Internet | — | 209.165.200.238 | 209.165.200.232/29 |
172.16.1.0/30 masque 255.255.255.252
réseau 172.16.1.0
utilisables 172.16.1.1 et 172.16.1.2 ← 2² − 2 = 2 adresses
diffusion 172.16.1.3
Un /30 pour une liaison point à point : deux extrémités, deux adresses.
C'est exactement ce qu'il faut, et rien de plus.Le /30 n'est pas un choix esthétique : sur une liaison série
entre deux routeurs, un /24 gaspillerait 252 adresses. C'est la
justification qu'on attend en épreuve.
Le tableau de tâches du sujet demande de poser 209.165.200.225 comme
passerelle par défaut du serveur Internet. C'est impossible, et le
calcul le montre en deux lignes :
Le lien R2 ↔ Internet est 209.165.200.232/29 (topologie)
réseau 209.165.200.232
utilisables de 209.165.200.233 à 209.165.200.238
diffusion 209.165.200.239
Le serveur Internet porte .238 : il est bien dans ce /29.
209.165.200.225 ne l'est PAS — il appartient au /29 voisin, 209.165.200.224/29.
Une passerelle doit être dans le même sous-réseau que la machine.
Donc la passerelle du serveur est la première adresse disponible du lien :
209.165.200.233, c'est-à-dire l'interface G0/0 de R2.D'où vient 209.165.200.225 ? Du pool NAT : le sujet fait
traduire les adresses privées vers 209.165.200.225 à
209.165.200.228, et le serveur web vers 209.165.200.229 —
toutes dans 209.165.200.224/29. Les deux plages sont voisines mais
distinctes, et elles ne se chevauchent pas.
Le réflexe qui sauve : une adresse annoncée se teste contre son masque. L'outil de calcul de sous-réseau du site le fait en une seconde.
Pour 192.168.21.0/24, la première adresse disponible est
192.168.21.1 — 192.168.21.0 désigne le réseau lui-même et ne
se pose sur aucune interface.
Même piège à l'autre bout : la dernière disponible est
.254, pas .255, qui est la diffusion.
03 L'ordre de montage
C'est le vrai sujet de l'atelier. Chaque étage ne peut être testé que si celui du dessous fonctionne — et tester dans le désordre transforme un atelier de trois heures en chasse au fantôme.
| # | Étage | Suppose | Se teste par |
|---|---|---|---|
| 1 | Remise à zéro et paramètres de base | rien | show running-config |
| 2 | Adressage des interfaces | étage 1 | show ip interface brief → up/up |
| 3 | VLAN, ports d'accès et trunks | étage 2 | show vlan brief, show interfaces trunk |
| 4 | Routage inter-VLAN et RIPv2 | étage 3 | show ip route |
| 5 | DHCP et NAT | étage 4 | show ip dhcp binding, show ip nat translations |
| 6 | NTP | étage 4 | show ntp status |
Un poste du VLAN 21 demande une adresse par diffusion. Si la
sous-interface G0/1.21 de R1 n'est pas encore montée, ou si le trunk ne
laisse pas passer le VLAN 21, la demande n'atteint jamais le serveur DHCP.
Le poste tombe alors en APIPA — une adresse en
169.254.x.x qu'il s'attribue lui-même. On accuse la configuration DHCP,
qui est pourtant juste : c'est l'étage 3 qui manquait.
Une adresse en 169.254 ne dit jamais « DHCP est mal
configuré ». Elle dit « aucun serveur DHCP n'a répondu » — ce qui est
le plus souvent un problème de chemin, pas de service.
Un équipement de salle de TP porte la configuration du binôme précédent. Deux commandes, et non une :
erase startup-config
delete vlan.dat
reloaderase startup-config ne touche pas à la base VLAN, qui vit
dans un fichier à part, vlan.dat. Oublier la seconde commande laisse des
VLAN fantômes qui réapparaissent après le redémarrage — et on cherche longtemps d'où
ils viennent.
04 Les trois services : DHCP, NAT, NTP
DHCP — deux pools sur le même routeur
R1 sert d'appui pour les deux VLAN utilisateurs. Un pool par VLAN, et des exclusions avant tout.
ip dhcp excluded-address n'appartient à aucun pool : c'est une commande
globale, qui réserve les adresses pour les configurations statiques — passerelle,
imprimantes, serveurs. Le sujet demande de réserver les vingt premières
adresses de chaque VLAN.
VLAN 21 — réseau 192.168.21.0/24
adresses exclues de 192.168.21.1 à 192.168.21.20
passerelle 192.168.21.1 (dans la plage exclue : c'est le but)
premier bail 192.168.21.21Oubliez l'exclusion, et le premier poste qui démarre reçoit
192.168.21.1 — l'adresse de la passerelle. Le VLAN entier perd sa sortie,
et le symptôme n'a l'air d'avoir aucun rapport avec DHCP.
NAT — statique pour entrer, dynamique pour sortir
| Type | Ce qu'elle fait | Adresse publique |
|---|---|---|
| Statique | rend le serveur web joignable depuis Internet | 209.165.200.229 |
| Dynamique | laisse les réseaux privés sortir vers Internet | pool de 209.165.200.225 à 209.165.200.228 |
Déclarer un pool et une liste d'accès ne suffit pas. Le routeur doit savoir
quelle interface regarde l'intérieur et laquelle regarde l'extérieur :
ip nat inside d'un côté, ip nat outside de l'autre.
Symptôme caractéristique : show ip nat translations reste
désespérément vide alors que tout le reste semble juste. C'est presque toujours une de
ces deux lignes qui manque.
NTP — parce que des journaux sans heure ne servent à rien
R2 devient serveur de temps, R1 son client. Le niveau de strate dit à quelle distance on est d'une horloge de référence : un serveur de strate 5 annonce « je suis à cinq sauts d'une horloge atomique », et ses clients seront en strate 6.
Quand un incident survient, on recoupe les journaux de plusieurs équipements pour reconstituer la chronologie. Si les horloges divergent de quelques minutes, l'ordre des événements devient faux — et une intrusion peut paraître antérieure à la faille qui l'a permise.
C'est pour cela que NTP figure dans un atelier d'infrastructure, et pas seulement dans un chapitre de confort.
05 IPv6 en parallèle
L'atelier demande un adressage IPv6 en plus de l'IPv4, sur les mêmes interfaces. Ce n'est pas un remplacement : les deux piles coexistent, chacune avec ses adresses et sa route par défaut. On appelle cela une double pile.
| IPv4 | IPv6 |
|---|---|
ip address 172.16.1.1 255.255.255.252 | ipv6 address 2001:DB8:ACAD:1::1/64 |
ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0 | ipv6 route ::/0 s0/0/0 |
| routage actif par défaut | ipv6 unicast-routing — à activer |
show ip route | show ipv6 route |
Contrairement à IPv4, le routage IPv6 est désactivé par défaut sur un routeur Cisco. Les interfaces prennent bien leurs adresses, les voisins se voient, mais rien ne traverse. C'est une seule ligne, en mode de configuration globale, et elle s'oublie systématiquement.
Le préfixe 2001:DB8::/32 est réservé par la RFC 3849 à la
documentation. Il n'est routé nulle part sur Internet, exactement comme
les noms de domaine en example.com.
Le voir dans un sujet est un bon signe : cela confirme qu'on est en maquette. Le rencontrer dans une configuration de production serait, lui, un très mauvais signe.
06 Vérifier, dans le bon ordre
Le sujet fournit des tableaux de tests à remplir. Ce n'est pas de la paperasse : c'est la méthode. On teste du plus proche au plus lointain, et on s'arrête au premier échec — inutile de tester Internet si le voisin direct ne répond pas.
| # | Test | Ce qu'un échec dénonce |
|---|---|---|
| 1 | interface locale up/up | câble, no shutdown, horloge DCE |
| 2 | ping du voisin direct | masque ou adresse erronés |
| 3 | ping de sa propre passerelle | sous-interface, VLAN, trunk |
| 4 | ping d'un réseau distant | routage : route statique ou RIPv2 |
| 5 | bail DHCP obtenu | pool, exclusions, relais |
| 6 | accès au serveur web public | NAT statique, inside/outside |
show ip interface brief affiche deux états par interface. Ils ne veulent
pas dire la même chose :
administratively down — l'interface est éteinte par configuration :
il manque no shutdown.
down / down — l'interface est allumée mais ne voit rien en face : câble, équipement éteint, ou horloge manquante côté DCE d'une liaison série.
up / down — le lien physique existe mais le protocole ne s'établit pas : désaccord d'encapsulation, ou l'autre extrémité n'est pas prête.
Lire la bonne colonne fait gagner vingt minutes. La première est ce que vous avez décidé ; la seconde, ce que le câble constate.
terminal length 0 ← supprime la pagination --More--
show ip interface brief ← toutes les interfaces : up/up ?
show ip route ← les réseaux distants sont-ils appris ?
show ip protocols ← RIP tourne-t-il, et annonce-t-il quoi ?
show vlan brief ← les VLAN existent-ils, avec les bons ports ?
show interfaces trunk ← VLAN natif et VLAN autorisés sur chaque agrégation
show ip dhcp binding ← quels baux ont été distribués ?
show ip nat translations ← la traduction se produit-elle ?
show ntp status ← l'horloge est-elle synchronisée ?Le sujet le répète trois fois : il peut être nécessaire de désactiver le pare-feu du PC pour que les requêtes ping aboutissent. Un ping sans réponse ne prouve donc rien tant que ce point n'a pas été écarté.
Règle générale de dépannage : avant de conclure qu'un chemin est cassé, vérifiez que la réponse avait le droit de revenir.
07 Le mémo des commandes
Les six sections précédentes expliquent pourquoi. Celle-ci donne le comment, dans l'ordre où on le tape, pour la maquette BIO-H en entier. C'est la partie qu'on révise la veille : chaque bloc est une configuration réelle, pas un extrait de documentation.
7.1 · Remettre un équipement à zéro
Switch# erase startup-config
Switch# delete vlan.dat
Switch# reloadSur un routeur, delete vlan.dat n'a pas lieu d'être : il n'y a
pas de base VLAN. Sur un commutateur, l'oublier laisse les VLAN du binôme précédent.
7.2 · Les paramètres de base — les cinq équipements, mot pour mot
Le sujet demande exactement la même chose sur R1, R2, R3, S1 et S3, à l'exception du nom. Un seul bloc, qu'on recopie cinq fois en changeant une ligne.
Router> enable
Router# configure terminal
Router(config)# no ip domain-lookup
Router(config)# hostname R1
R1(config)# enable secret class
R1(config)# banner motd #Unauthorized Access is Prohibited!#
R1(config)# line console 0
R1(config-line)# password cisco
R1(config-line)# login
R1(config-line)# logging synchronous
R1(config-line)# exit
R1(config)# line vty 0 15
R1(config-line)# password cisco
R1(config-line)# login
R1(config-line)# exit
R1(config)# service password-encryption
R1(config)# end
R1# copy running-config startup-configservice password-encryptionLe sujet écrit « mot de passe chiffré en mode d'exécution privilégié ».
C'est enable secret, qui range une empreinte non réversible. Son faux
jumeau, enable password, écrit le mot de passe en clair
dans la configuration.
service password-encryption est encore autre chose : il brouille les mots
de passe restés en clair — console, vty — avec un codage de type 7,
qui se défait en ligne en une seconde. Il décourage le regard par-dessus l'épaule, il
ne protège de personne.
Trois commandes, trois niveaux : enable secret protège,
service password-encryption masque, enable password ne fait
ni l'un ni l'autre.
no ip domain-lookup : la commande qui fait gagner trois minutesSans elle, chaque faute de frappe en mode privilégié est prise pour un nom d'hôte, et l'équipement passe plusieurs secondes à chercher un serveur DNS qui n'existe pas. On ne peut rien taper pendant ce temps.
Les blocs ci-dessus portent l'invite — R1(config-if)# — parce qu'ils
montrent dans quel mode on se trouve. Quand on prépare ses commandes dans un
fichier pour les coller d'un coup, l'invite n'a plus lieu d'être : c'est
l'indentation qui dit le mode.
Une seule règle, et elle se tient toute seule : entrer dans un mode décale
d'un cran ce qui suit. enable est au ras de la marge,
exit revient au niveau de la commande qui a ouvert le mode, et
end ferme toute la configuration — il s'aligne donc sur
configure terminal, et ce qui vient après revient à la marge.
enable
configure terminal
hostname R1
no ip domain-lookup
banner motd #Acces reserve aux personnes autorisees#
! la console
line console 0
password cisco
login
logging synchronous
exit
! l'administration a distance
line vty 0 15
password cisco
login
exit
enable secret class
service password-encryption
end
write memoryLes lignes vides séparent les groupes, et un commentaire !
annonce celui qui suit. Rien de tout cela n'est envoyé à l'équipement : IOS ignore les
lignes vides et tout ce qui commence par !.
1 · La commande tapée dans le mauvais mode. C'est la plus fréquente, et
la plus coûteuse en TP. enable secret et
service password-encryption appartiennent à la configuration globale. Si on
oublie le exit qui ferme line console 0, elles arrivent en mode
line, qui ne les connaît pas : elles sont refusées, et l'équipement reste sans
mot de passe privilégié. Dans un bloc à plat, les deux versions se ressemblent trait pour
trait ; une fois indentées, la fautive est décalée d'un cran — on la voit sans la lire.
2 · Le délimiteur de bannière refermé trop tôt.
banner motd prend pour délimiteur le premier caractère non blanc qui suit, et
s'arrête au suivant identique. Écrire banner motd #banner motd #Message!# —
ce qui arrive vite en recopiant un énoncé — enregistre donc la bannière
« banner motd », et le message lui-même n'y est pas. Choisir un délimiteur
absent du texte, et ne le taper que deux fois.
3 · La route par défaut qui ne nomme que l'interface.
ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0 est juste sur une liaison série : elle est
point à point, il n'y a qu'un voisin possible. Sur un lien Ethernet, la même
écriture oblige le routeur à chercher en ARP chaque destination du monde, et elle ne
marche que si le voisin répond en proxy ARP. Sur un Ethernet, on nomme
l'adresse du voisin : ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 <adresse du
routeur d'en face>.
Les trois se repèrent à l'œil sur un script indenté. C'est la raison d'être de la mise en forme : elle n'est pas décorative, elle est un contrôle.
7.3 · Les interfaces et les routes par défaut
R1(config)# interface s0/0/0
R1(config-if)# description Liaison serie vers R2
R1(config-if)# ip address 172.16.1.1 255.255.255.252
R1(config-if)# ipv6 address 2001:DB8:ACAD:1::1/64
R1(config-if)# clock rate 128000
R1(config-if)# no shutdown
R1(config-if)# exit
R1(config)# ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0
R1(config)# ipv6 unicast-routing
R1(config)# ipv6 route ::/0 s0/0/0clock rate ne se pose que d'un seul côtéSur une liaison série, un seul équipement cadence le lien : celui qui porte le câble
DCE. Le sujet le dit sans le dire — il demande
clock rate 128000 sur R1 S0/0/0 et sur
R2 S0/0/1. Donc R1 est DCE face à R2, et R2 est DCE face à R3.
Si l'horloge manque, l'interface reste down / down alors que
le câble est branché et que les deux adresses sont justes. C'est le défaut le plus
déroutant de l'atelier, parce que rien n'a l'air faux.
7.4 · Le routage inter-VLAN : trois sous-interfaces sur un seul câble
R1(config)# interface g0/1.21
R1(config-subif)# description LAN Accounting
R1(config-subif)# encapsulation dot1Q 21
R1(config-subif)# ip address 192.168.21.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# interface g0/1.23
R1(config-subif)# description LAN Engineering
R1(config-subif)# encapsulation dot1Q 23
R1(config-subif)# ip address 192.168.23.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# interface g0/1.99
R1(config-subif)# description LAN Management
R1(config-subif)# encapsulation dot1Q 99
R1(config-subif)# ip address 192.168.99.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# exit
R1(config)# interface g0/1
R1(config-if)# no shutdownL'encapsulation se déclare avant l'adresse. Une sous-interface sans
encapsulation dot1Q ne sait pas quelle étiquette lire : IOS refuse
l'adresse, ou l'accepte et ne route rien.
L'interface physique doit être allumée. Les sous-interfaces suivent
leur parente : g0/1 restée shutdown éteint les trois d'un
coup, et le symptôme ressemble à une panne DHCP.
On appelle ce montage un router-on-a-stick : un seul câble physique, trois réseaux logiques qui s'y croisent.
7.5 · Le commutateur : VLAN, adresse d'administration, agrégations, ports d'accès
S1(config)# vlan 21
S1(config-vlan)# name Comptabilite
S1(config-vlan)# vlan 23
S1(config-vlan)# name Engineering
S1(config-vlan)# vlan 99
S1(config-vlan)# name Gestion
S1(config-vlan)# exit
S1(config)# interface vlan 99
S1(config-if)# ip address 192.168.99.2 255.255.255.0
S1(config-if)# no shutdown
S1(config-if)# exit
S1(config)# ip default-gateway 192.168.99.1
S1(config)# interface f0/3
S1(config-if)# switchport mode trunk
S1(config-if)# switchport trunk native vlan 1
S1(config-if)# interface f0/5
S1(config-if)# switchport mode trunk
S1(config-if)# switchport trunk native vlan 1
S1(config-if)# exit
S1(config)# interface range f0/1-2, f0/4, f0/6-24, g0/1-2
S1(config-if-range)# switchport mode access
S1(config-if-range)# exit
S1(config)# interface f0/6
S1(config-if)# switchport access vlan 21
S1(config-if)# exit
S1(config)# interface range f0/1-2, f0/4, f0/7-24, g0/1-2
S1(config-if-range)# shutdownSur S3, tout est identique à trois détails près : l'adresse est
192.168.99.3, il n'y a qu'une agrégation (f0/3), et le port
d'accès du VLAN 21 est f0/18.
Son adresse vit sur une interface virtuelle de VLAN — ici
interface vlan 99 — et sa sortie se déclare avec
ip default-gateway, pas avec ip route.
Un commutateur de niveau 2 ne route rien : il a une adresse pour qu'on puisse
l'administrer, c'est tout.
Et cette interface ne monte que si le VLAN 99 existe et
qu'au moins un port actif le porte. Une agrégation suffit — c'est pour cela que les
deux commutateurs se joignent par le f0/3.
7.6 · RIPv2 sur les trois routeurs
R1(config)# router rip
R1(config-router)# version 2
R1(config-router)# network 172.16.0.0
R1(config-router)# network 192.168.21.0
R1(config-router)# network 192.168.23.0
R1(config-router)# network 192.168.99.0
R1(config-router)# passive-interface g0/1.21
R1(config-router)# passive-interface g0/1.23
R1(config-router)# passive-interface g0/1.99
R1(config-router)# no auto-summaryR2(config)# router rip
R2(config-router)# version 2
R2(config-router)# network 172.16.0.0
R2(config-router)# network 10.0.0.0
R2(config-router)# passive-interface loopback 0
R2(config-router)# no auto-summaryLe sujet précise « ignorez le réseau G0/0 » : le lien vers Internet ne s'annonce pas en RIP. Il n'a rien à faire dans un protocole interne, et c'est la NAT qui s'occupe de ce qui sort.
R3(config)# router rip
R3(config-router)# version 2
R3(config-router)# network 172.16.0.0
R3(config-router)# network 192.168.4.0
R3(config-router)# network 192.168.5.0
R3(config-router)# network 192.168.6.0
R3(config-router)# passive-interface loopback 4
R3(config-router)# passive-interface loopback 5
R3(config-router)# passive-interface loopback 6
R3(config-router)# no auto-summarynetwork n'accepte pas de masque, et c'est tout le piègeOn écrit network 172.16.0.0, pas network 172.16.1.0 /30 :
la commande attend une adresse de réseau par classe. Une seule ligne
couvre donc les deux liaisons série 172.16.1.0/30 et
172.16.2.0/30.
no auto-summary répare l'effet de bord : sans elle, RIP annonce aux
voisins 172.16.0.0/16 au lieu des deux /30 réels, et les routes se
chevauchent.
Sur R3, network 192.168.4.0, .5.0 et
.6.0 font bien trois lignes : chaque /24 est une classe C distincte.
passive-interface sur les LANUne interface passive continue d'annoncer son réseau aux autres routeurs, mais cesse d'envoyer des mises à jour sur le segment. Sur un LAN d'utilisateurs, personne n'écoute RIP : ces diffusions sont du bruit toutes les trente secondes, et un renseignement offert à qui pose un analyseur de trames.
Le même raisonnement vaut pour les loopbacks de R2 et R3 : il n'y a personne au bout d'une interface logique.
7.7 · DHCP sur R1
R1(config)# ip dhcp excluded-address 192.168.21.1 192.168.21.20
R1(config)# ip dhcp excluded-address 192.168.23.1 192.168.23.20
R1(config)# ip dhcp pool ACCT
R1(dhcp-config)# network 192.168.21.0 255.255.255.0
R1(dhcp-config)# default-router 192.168.21.1
R1(dhcp-config)# dns-server 10.10.10.10
R1(dhcp-config)# domain-name ccna-sa.com
R1(dhcp-config)# exit
R1(config)# ip dhcp pool ENGNR
R1(dhcp-config)# network 192.168.23.0 255.255.255.0
R1(dhcp-config)# default-router 192.168.23.1
R1(dhcp-config)# dns-server 10.10.10.10
R1(dhcp-config)# domain-name ccna-sa.comLes noms de pools sont imposés par le sujet — ACCT et
ENGNR — et ils sont sensibles à la casse.
7.8 · NAT statique et dynamique sur R2
R2(config)# ip nat inside source static 10.10.10.10 209.165.200.229
R2(config)# interface s0/0/0
R2(config-if)# ip nat inside
R2(config-if)# interface s0/0/1
R2(config-if)# ip nat inside
R2(config-if)# interface loopback 0
R2(config-if)# ip nat inside
R2(config-if)# interface g0/0
R2(config-if)# ip nat outside
R2(config-if)# exit
R2(config)# access-list 1 permit 192.168.21.0 0.0.0.255
R2(config)# access-list 1 permit 192.168.23.0 0.0.0.255
R2(config)# access-list 1 permit 192.168.4.0 0.0.3.255
R2(config)# ip nat pool INTERNET 209.165.200.225 209.165.200.228 netmask 255.255.255.248
R2(config)# ip nat inside source list 1 pool INTERNETÀ autoriser : 192.168.4.0/24, 192.168.5.0/24, 192.168.6.0/24
4 = 0000 0100
5 = 0000 0101
6 = 0000 0110
7 = 0000 0111 ← le bloc ne se referme qu'à 7
^^^^^^ 6 bits communs, 2 bits qui varient
→ résumé : 192.168.4.0/22 masque générique 0.0.3.255
access-list 1 permit 192.168.4.0 0.0.3.255Un masque générique est l'inverse d'un masque de sous-réseau : un
0 veut dire « ce bit doit correspondre », un 1 veut
dire « peu importe ». 0.0.3.255 laisse donc varier les deux derniers bits
du troisième octet — exactement 4, 5, 6 et 7.
7.9 · NTP : R2 serveur, R1 client
R2# clock set 09:00:00 5 march 2016
R2# configure terminal
R2(config)# ntp master 5
R1(config)# ntp server 172.16.1.2
R1(config)# ntp update-calendar
R1(config)# end
R1# show ntp status
R1# show ntp associationsclock set ne se tape pas en mode de configurationRégler l'heure n'est pas configurer l'équipement : c'est une commande du
mode d'exécution privilégié, R2#, et elle est refusée
depuis R2(config)#. La date s'écrit à l'anglaise :
5 march 2016.
Et la synchronisation ne se voit pas tout de suite :
show ntp status annonce unsynchronized pendant quelques
minutes avant de basculer. Ce n'est pas une panne, c'est le protocole qui mesure.
7.10 · Les commandes de vérification, par étage
| Étage | Commande | Ce qu'on y lit |
|---|---|---|
| Interfaces | show ip interface brief | adresse, état, protocole — en une page |
show interfaces s0/0/0 | l'encapsulation et l'horloge du lien série | |
| VLAN | show vlan brief | les VLAN déclarés et les ports qui les portent |
show interfaces trunk | les agrégations, leur VLAN natif, les VLAN autorisés | |
| Routage | show ip protocols | version de RIP, réseaux annoncés, interfaces passives |
show ip route rip | les routes apprises par RIP, et elles seules | |
show running-config | section rip | la section RIP de la configuration en cours | |
| DHCP | show ip dhcp binding | quel poste a reçu quelle adresse |
show ip dhcp pool | l'état des réserves, et s'il reste des baux | |
| NAT | show ip nat translations | les traductions en cours |
show ip nat statistics | les compteurs, et les interfaces inside/outside | |
| NTP | show ntp status | synchronisé ou non, et à quelle strate |
show ntp associations | le serveur interrogé et l'écart mesuré |
L'étape 4 de la partie RIP pose trois questions à remplir. Les voici :
- afficher l'identifiant de processus, les réseaux annoncés et les interfaces
passives →
show ip protocols; - n'afficher que les routes RIP →
show ip route rip; - afficher la section RIP de la configuration en cours →
show running-config | section rip.
Le tableau de tâches demande « la première adresse disponible » pour
R2 S0/0/1 et « l'adresse disponible suivante » pour
R3 S0/0/1, ce qui donnerait R2 = .1 et
R3 = .2. Le schéma de topologie porte l'inverse : .2 du côté
de R2, .1 du côté de R3.
Les deux attributions fonctionnent — sur un /30, il n'y a que deux adresses et aucune n'est privilégiée. Le site suit le schéma, parce que le sujet lui-même renvoie partout à « consultez le schéma topologique pour obtenir les informations sur l'adresse ».
Si la question tombe, la bonne réponse est de dire les deux : citer le schéma, signaler la contradiction. C'est ce qu'on attend d'un technicien devant une documentation qui se contredit — pas de deviner, mais de relever.