Atelier — infrastructure complète

Jusqu'ici, chaque chapitre installait une brique. Celui-ci les empile toutes sur une seule maquette — et c'est un exercice différent : ce qui coince, ce n'est plus une commande, c'est l'ordre dans lequel on les tape.

📌

Résumé flash

Une infrastructure se monte de bas en haut : connectivité physique, puis adressage, puis VLAN, puis routage, puis services. Chaque étage suppose le précédent — configurer DHCP avant que l'inter-VLAN fonctionne ne produit rien d'observable, et fait croire que DHCP est en cause. Le plan d'adressage se calcule et s'écrit avant toute connexion à un équipement : c'est la seule étape où une erreur reste bon marché.

🔑 #topologie #plan-d-adressage #VLAN #inter-VLAN #RIPv2 #DHCP #NAT #PAT #NTP #IPv6

01 Lire la topologie avant de toucher au clavier

La maquette de l'atelier comporte trois routeurs, deux commutateurs, deux postes et un serveur simulant Internet. Avant toute chose, on la lit, et on en tire quatre informations qui commandent tout le reste.

Internet Serveur 209.165.200.238 G0/0 209.165.200.233/29 R2 Serveur web 10.10.10.10/32 172.16.1.0/30 172.16.2.0/30 R1 R3 192.168.4.0/24 192.168.5.0/24 192.168.6.0/24 bouclages G0/1 802.1Q S1 S3 trunk 192.168.99.2 192.168.99.3 PC-A DHCP PC-C DHCP VLAN 21 VLAN 23 CLÉ DE VLAN 21192.168.21.0/24Cpta 23192.168.23.0/24Engr 99192.168.99.0/24Gest
La maquette entière. En rouge, les deux liaisons série en /30 ; en vert, les commutateurs ; en ambre, les postes qui reçoivent leur adresse par DHCP.
Ce qu'une topologie dit, et où le lire
InformationOù elle se trouveCe qu'elle commande
Les réseaux et leurs préfixesétiquettes sur les liensle plan d'adressage entier
Le nom des interfacesaux extrémités de chaque traitsur quelle interface taper quoi
Les VLAN et leurs nomsla table « clé de VLAN »la base VLAN et les sous-interfaces
Où passe la frontière avec Internetle nuage et le routeur qui le toucheoù marquer ip nat inside / outside
🧭 Les quatre questions à se poser devant un schéma

1. Combien de domaines de diffusion ? Un par VLAN, un par liaison série. Ici : 3 VLAN + 2 liaisons série + le segment Internet.

2. Qui route quoi ? R1 route entre les VLAN, R2 sort vers Internet, R3 porte des réseaux simulés par des interfaces de bouclage.

3. Quel lien est un trunk ? Celui entre les deux commutateurs, et celui qui monte vers le routeur — ce sont les seuls qui portent plusieurs VLAN.

4. Où sont les adresses publiques ? Uniquement du côté R2–Internet. Tout le reste est privé, donc tout le reste doit être traduit pour sortir.

💡 Une interface de bouclage, c'est un réseau sans câble

R3 porte trois réseaux — 192.168.4.0/24, 192.168.5.0/24 et 192.168.6.0/24 — mais aucun commutateur n'y est branché. Ce sont des interfaces de bouclage (loopback) : des interfaces logiques, toujours actives, qui servent à simuler des réseaux distants sans acheter le matériel.

Elles ne tombent jamais, ce qui en fait aussi le meilleur endroit où poser l'identifiant d'un routeur. En atelier, elles évitent surtout d'avoir à dessiner trois LAN de plus.

02 Le plan d'adressage, calculé

Le sujet ne donne pas les adresses : il donne les réseaux et des consignes du type « utilisez la première adresse disponible ». Le plan se déduit, et il s'écrit en entier avant la première commande.

Plan d'adressage IPv4 de la maquette, déduit de la topologie
ÉquipementInterfaceAdresseRéseau
R1S0/0/0172.16.1.1172.16.1.0/30
G0/1.21192.168.21.1192.168.21.0/24 — VLAN 21
G0/1.23192.168.23.1192.168.23.0/24 — VLAN 23
G0/1.99192.168.99.1192.168.99.0/24 — VLAN 99
R2S0/0/0172.16.1.2172.16.1.0/30
S0/0/1172.16.2.2172.16.2.0/30
G0/0209.165.200.233209.165.200.232/29
Loopback 010.10.10.10/32serveur web simulé
R3S0/0/1172.16.2.1172.16.2.0/30
Loopback 4192.168.4.1192.168.4.0/24
Loopback 5192.168.5.1192.168.5.0/24
Loopback 6192.168.6.1192.168.6.0/24
S1VLAN 99192.168.99.2administration
S3VLAN 99192.168.99.3administration
Serveur Internet—209.165.200.238209.165.200.232/29
🧰 Les deux /30, calculés
calcul
172.16.1.0/30   masque 255.255.255.252
  réseau     172.16.1.0
  utilisables 172.16.1.1  et  172.16.1.2      ← 2² − 2 = 2 adresses
  diffusion  172.16.1.3

Un /30 pour une liaison point à point : deux extrémités, deux adresses.
C'est exactement ce qu'il faut, et rien de plus.

Le /30 n'est pas un choix esthétique : sur une liaison série entre deux routeurs, un /24 gaspillerait 252 adresses. C'est la justification qu'on attend en épreuve.

🔧 Corrigé — la passerelle du serveur Internet est .233, pas .225

Le tableau de tâches du sujet demande de poser 209.165.200.225 comme passerelle par défaut du serveur Internet. C'est impossible, et le calcul le montre en deux lignes :

calcul
Le lien R2 ↔ Internet est 209.165.200.232/29 (topologie)
  réseau       209.165.200.232
  utilisables  de 209.165.200.233 à 209.165.200.238
  diffusion    209.165.200.239

Le serveur Internet porte .238 : il est bien dans ce /29.
209.165.200.225 ne l'est PAS — il appartient au /29 voisin, 209.165.200.224/29.

Une passerelle doit être dans le même sous-réseau que la machine.
Donc la passerelle du serveur est la première adresse disponible du lien :
  209.165.200.233, c'est-à-dire l'interface G0/0 de R2.

D'où vient 209.165.200.225 ? Du pool NAT : le sujet fait traduire les adresses privées vers 209.165.200.225 à 209.165.200.228, et le serveur web vers 209.165.200.229 — toutes dans 209.165.200.224/29. Les deux plages sont voisines mais distinctes, et elles ne se chevauchent pas.

Le réflexe qui sauve : une adresse annoncée se teste contre son masque. L'outil de calcul de sous-réseau du site le fait en une seconde.

⚠️ « La première adresse disponible » n'est pas l'adresse du réseau

Pour 192.168.21.0/24, la première adresse disponible est 192.168.21.1 — 192.168.21.0 désigne le réseau lui-même et ne se pose sur aucune interface.

Même piège à l'autre bout : la dernière disponible est .254, pas .255, qui est la diffusion.

03 L'ordre de montage

C'est le vrai sujet de l'atelier. Chaque étage ne peut être testé que si celui du dessous fonctionne — et tester dans le désordre transforme un atelier de trois heures en chasse au fantôme.

Les six étages, et ce que chacun suppose
#ÉtageSupposeSe teste par
1Remise à zéro et paramètres de baserienshow running-config
2Adressage des interfacesétage 1show ip interface brief → up/up
3VLAN, ports d'accès et trunksétage 2show vlan brief, show interfaces trunk
4Routage inter-VLAN et RIPv2étage 3show ip route
5DHCP et NATétage 4show ip dhcp binding, show ip nat translations
6NTPétage 4show ntp status
⚠️ Le piège classique : DHCP configuré trop tôt

Un poste du VLAN 21 demande une adresse par diffusion. Si la sous-interface G0/1.21 de R1 n'est pas encore montée, ou si le trunk ne laisse pas passer le VLAN 21, la demande n'atteint jamais le serveur DHCP.

Le poste tombe alors en APIPA — une adresse en 169.254.x.x qu'il s'attribue lui-même. On accuse la configuration DHCP, qui est pourtant juste : c'est l'étage 3 qui manquait.

Une adresse en 169.254 ne dit jamais « DHCP est mal configuré ». Elle dit « aucun serveur DHCP n'a répondu » — ce qui est le plus souvent un problème de chemin, pas de service.

🧭 Remettre à zéro avant de commencer

Un équipement de salle de TP porte la configuration du binôme précédent. Deux commandes, et non une :

Cisco IOS
erase startup-config
delete vlan.dat
reload

erase startup-config ne touche pas à la base VLAN, qui vit dans un fichier à part, vlan.dat. Oublier la seconde commande laisse des VLAN fantômes qui réapparaissent après le redémarrage — et on cherche longtemps d'où ils viennent.

04 Les trois services : DHCP, NAT, NTP

DHCP — deux pools sur le même routeur

R1 sert d'appui pour les deux VLAN utilisateurs. Un pool par VLAN, et des exclusions avant tout.

⚠️ Les exclusions se posent avant le pool, et elles sont globales

ip dhcp excluded-address n'appartient à aucun pool : c'est une commande globale, qui réserve les adresses pour les configurations statiques — passerelle, imprimantes, serveurs. Le sujet demande de réserver les vingt premières adresses de chaque VLAN.

calcul
VLAN 21 — réseau 192.168.21.0/24

  adresses exclues   de 192.168.21.1 à 192.168.21.20
  passerelle         192.168.21.1   (dans la plage exclue : c'est le but)
  premier bail       192.168.21.21

Oubliez l'exclusion, et le premier poste qui démarre reçoit 192.168.21.1 — l'adresse de la passerelle. Le VLAN entier perd sa sortie, et le symptôme n'a l'air d'avoir aucun rapport avec DHCP.

NAT — statique pour entrer, dynamique pour sortir

Les deux traductions de la maquette, et à quoi chacune sert
TypeCe qu'elle faitAdresse publique
Statiquerend le serveur web joignable depuis Internet209.165.200.229
Dynamiquelaisse les réseaux privés sortir vers Internetpool de 209.165.200.225 à 209.165.200.228
⚠️ Sans inside et outside, la NAT ne traduit rien

Déclarer un pool et une liste d'accès ne suffit pas. Le routeur doit savoir quelle interface regarde l'intérieur et laquelle regarde l'extérieur : ip nat inside d'un côté, ip nat outside de l'autre.

Symptôme caractéristique : show ip nat translations reste désespérément vide alors que tout le reste semble juste. C'est presque toujours une de ces deux lignes qui manque.

NTP — parce que des journaux sans heure ne servent à rien

R2 devient serveur de temps, R1 son client. Le niveau de strate dit à quelle distance on est d'une horloge de référence : un serveur de strate 5 annonce « je suis à cinq sauts d'une horloge atomique », et ses clients seront en strate 6.

💡 Pourquoi l'heure compte en cybersécurité

Quand un incident survient, on recoupe les journaux de plusieurs équipements pour reconstituer la chronologie. Si les horloges divergent de quelques minutes, l'ordre des événements devient faux — et une intrusion peut paraître antérieure à la faille qui l'a permise.

C'est pour cela que NTP figure dans un atelier d'infrastructure, et pas seulement dans un chapitre de confort.

05 IPv6 en parallèle

L'atelier demande un adressage IPv6 en plus de l'IPv4, sur les mêmes interfaces. Ce n'est pas un remplacement : les deux piles coexistent, chacune avec ses adresses et sa route par défaut. On appelle cela une double pile.

Ce qui change, et ce qui ne change pas
IPv4IPv6
ip address 172.16.1.1 255.255.255.252ipv6 address 2001:DB8:ACAD:1::1/64
ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0ipv6 route ::/0 s0/0/0
routage actif par défautipv6 unicast-routing — à activer
show ip routeshow ipv6 route
⚠️ Sans « ipv6 unicast-routing », le routeur n'est qu'un hôte

Contrairement à IPv4, le routage IPv6 est désactivé par défaut sur un routeur Cisco. Les interfaces prennent bien leurs adresses, les voisins se voient, mais rien ne traverse. C'est une seule ligne, en mode de configuration globale, et elle s'oublie systématiquement.

💡 2001:DB8, l'équivalent de « exemple.fr »

Le préfixe 2001:DB8::/32 est réservé par la RFC 3849 à la documentation. Il n'est routé nulle part sur Internet, exactement comme les noms de domaine en example.com.

Le voir dans un sujet est un bon signe : cela confirme qu'on est en maquette. Le rencontrer dans une configuration de production serait, lui, un très mauvais signe.

06 Vérifier, dans le bon ordre

Le sujet fournit des tableaux de tests à remplir. Ce n'est pas de la paperasse : c'est la méthode. On teste du plus proche au plus lointain, et on s'arrête au premier échec — inutile de tester Internet si le voisin direct ne répond pas.

L'échelle de test, dans l'ordre
#TestCe qu'un échec dénonce
1interface locale up/upcâble, no shutdown, horloge DCE
2ping du voisin directmasque ou adresse erronés
3ping de sa propre passerellesous-interface, VLAN, trunk
4ping d'un réseau distantroutage : route statique ou RIPv2
5bail DHCP obtenupool, exclusions, relais
6accès au serveur web publicNAT statique, inside/outside
🧭 up/up, up/down, down/down : trois pannes différentes

show ip interface brief affiche deux états par interface. Ils ne veulent pas dire la même chose :

administratively down — l'interface est éteinte par configuration : il manque no shutdown.

down / down — l'interface est allumée mais ne voit rien en face : câble, équipement éteint, ou horloge manquante côté DCE d'une liaison série.

up / down — le lien physique existe mais le protocole ne s'établit pas : désaccord d'encapsulation, ou l'autre extrémité n'est pas prête.

Lire la bonne colonne fait gagner vingt minutes. La première est ce que vous avez décidé ; la seconde, ce que le câble constate.

🧰 Les commandes de contrôle, groupées
Cisco IOS
terminal length 0            ← supprime la pagination --More--

show ip interface brief      ← toutes les interfaces : up/up ?
show ip route                ← les réseaux distants sont-ils appris ?
show ip protocols            ← RIP tourne-t-il, et annonce-t-il quoi ?
show vlan brief              ← les VLAN existent-ils, avec les bons ports ?
show interfaces trunk        ← VLAN natif et VLAN autorisés sur chaque agrégation
show ip dhcp binding         ← quels baux ont été distribués ?
show ip nat translations     ← la traduction se produit-elle ?
show ntp status              ← l'horloge est-elle synchronisée ?
⚠️ Le pare-feu du poste fausse les tests

Le sujet le répète trois fois : il peut être nécessaire de désactiver le pare-feu du PC pour que les requêtes ping aboutissent. Un ping sans réponse ne prouve donc rien tant que ce point n'a pas été écarté.

Règle générale de dépannage : avant de conclure qu'un chemin est cassé, vérifiez que la réponse avait le droit de revenir.

07 Le mémo des commandes

Les six sections précédentes expliquent pourquoi. Celle-ci donne le comment, dans l'ordre où on le tape, pour la maquette BIO-H en entier. C'est la partie qu'on révise la veille : chaque bloc est une configuration réelle, pas un extrait de documentation.

7.1 · Remettre un équipement à zéro

Cisco IOS
Switch# erase startup-config
Switch# delete vlan.dat
Switch# reload

Sur un routeur, delete vlan.dat n'a pas lieu d'être : il n'y a pas de base VLAN. Sur un commutateur, l'oublier laisse les VLAN du binôme précédent.

7.2 · Les paramètres de base — les cinq équipements, mot pour mot

Le sujet demande exactement la même chose sur R1, R2, R3, S1 et S3, à l'exception du nom. Un seul bloc, qu'on recopie cinq fois en changeant une ligne.

Cisco IOS
Router> enable
Router# configure terminal
Router(config)# no ip domain-lookup
Router(config)# hostname R1
R1(config)# enable secret class
R1(config)# banner motd #Unauthorized Access is Prohibited!#
R1(config)# line console 0
R1(config-line)#  password cisco
R1(config-line)#  login
R1(config-line)#  logging synchronous
R1(config-line)#  exit
R1(config)# line vty 0 15
R1(config-line)#  password cisco
R1(config-line)#  login
R1(config-line)#  exit
R1(config)# service password-encryption
R1(config)# end
R1# copy running-config startup-config
⚠️ « Mot de passe chiffré » ne veut pas dire service password-encryption

Le sujet écrit « mot de passe chiffré en mode d'exécution privilégié ». C'est enable secret, qui range une empreinte non réversible. Son faux jumeau, enable password, écrit le mot de passe en clair dans la configuration.

service password-encryption est encore autre chose : il brouille les mots de passe restés en clair — console, vty — avec un codage de type 7, qui se défait en ligne en une seconde. Il décourage le regard par-dessus l'épaule, il ne protège de personne.

Trois commandes, trois niveaux : enable secret protège, service password-encryption masque, enable password ne fait ni l'un ni l'autre.

💡 no ip domain-lookup : la commande qui fait gagner trois minutes

Sans elle, chaque faute de frappe en mode privilégié est prise pour un nom d'hôte, et l'équipement passe plusieurs secondes à chercher un serveur DNS qui n'existe pas. On ne peut rien taper pendant ce temps.

🧭 Le même bloc, écrit en script indenté

Les blocs ci-dessus portent l'invite — R1(config-if)# — parce qu'ils montrent dans quel mode on se trouve. Quand on prépare ses commandes dans un fichier pour les coller d'un coup, l'invite n'a plus lieu d'être : c'est l'indentation qui dit le mode.

Une seule règle, et elle se tient toute seule : entrer dans un mode décale d'un cran ce qui suit. enable est au ras de la marge, exit revient au niveau de la commande qui a ouvert le mode, et end ferme toute la configuration — il s'aligne donc sur configure terminal, et ce qui vient après revient à la marge.

Cisco IOS — R1, en script
enable
  configure terminal
    hostname R1
    no ip domain-lookup
    banner motd #Acces reserve aux personnes autorisees#

    ! la console
    line console 0
      password cisco
      login
      logging synchronous
    exit

    ! l'administration a distance
    line vty 0 15
      password cisco
      login
    exit

    enable secret class
    service password-encryption
  end
write memory

Les lignes vides séparent les groupes, et un commentaire ! annonce celui qui suit. Rien de tout cela n'est envoyé à l'équipement : IOS ignore les lignes vides et tout ce qui commence par !.

⚠️ Trois fautes qu'un bloc à plat cache, et que l'indentation montre

1 · La commande tapée dans le mauvais mode. C'est la plus fréquente, et la plus coûteuse en TP. enable secret et service password-encryption appartiennent à la configuration globale. Si on oublie le exit qui ferme line console 0, elles arrivent en mode line, qui ne les connaît pas : elles sont refusées, et l'équipement reste sans mot de passe privilégié. Dans un bloc à plat, les deux versions se ressemblent trait pour trait ; une fois indentées, la fautive est décalée d'un cran — on la voit sans la lire.

2 · Le délimiteur de bannière refermé trop tôt. banner motd prend pour délimiteur le premier caractère non blanc qui suit, et s'arrête au suivant identique. Écrire banner motd #banner motd #Message!# — ce qui arrive vite en recopiant un énoncé — enregistre donc la bannière « banner motd », et le message lui-même n'y est pas. Choisir un délimiteur absent du texte, et ne le taper que deux fois.

3 · La route par défaut qui ne nomme que l'interface. ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0 est juste sur une liaison série : elle est point à point, il n'y a qu'un voisin possible. Sur un lien Ethernet, la même écriture oblige le routeur à chercher en ARP chaque destination du monde, et elle ne marche que si le voisin répond en proxy ARP. Sur un Ethernet, on nomme l'adresse du voisin : ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 <adresse du routeur d'en face>.

Les trois se repèrent à l'œil sur un script indenté. C'est la raison d'être de la mise en forme : elle n'est pas décorative, elle est un contrôle.

7.3 · Les interfaces et les routes par défaut

Cisco IOS — R1
R1(config)# interface s0/0/0
R1(config-if)#  description Liaison serie vers R2
R1(config-if)#  ip address 172.16.1.1 255.255.255.252
R1(config-if)#  ipv6 address 2001:DB8:ACAD:1::1/64
R1(config-if)#  clock rate 128000
R1(config-if)#  no shutdown
R1(config-if)#  exit
R1(config)# ip route 0.0.0.0 0.0.0.0 s0/0/0
R1(config)# ipv6 unicast-routing
R1(config)# ipv6 route ::/0 s0/0/0
⚠️ clock rate ne se pose que d'un seul côté

Sur une liaison série, un seul équipement cadence le lien : celui qui porte le câble DCE. Le sujet le dit sans le dire — il demande clock rate 128000 sur R1 S0/0/0 et sur R2 S0/0/1. Donc R1 est DCE face à R2, et R2 est DCE face à R3.

Si l'horloge manque, l'interface reste down / down alors que le câble est branché et que les deux adresses sont justes. C'est le défaut le plus déroutant de l'atelier, parce que rien n'a l'air faux.

7.4 · Le routage inter-VLAN : trois sous-interfaces sur un seul câble

Cisco IOS — R1
R1(config)# interface g0/1.21
R1(config-subif)#  description LAN Accounting
R1(config-subif)#  encapsulation dot1Q 21
R1(config-subif)#  ip address 192.168.21.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# interface g0/1.23
R1(config-subif)#  description LAN Engineering
R1(config-subif)#  encapsulation dot1Q 23
R1(config-subif)#  ip address 192.168.23.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# interface g0/1.99
R1(config-subif)#  description LAN Management
R1(config-subif)#  encapsulation dot1Q 99
R1(config-subif)#  ip address 192.168.99.1 255.255.255.0
R1(config-subif)# exit
R1(config)# interface g0/1
R1(config-if)#  no shutdown
⚠️ Deux oublis qui tuent l'inter-VLAN

L'encapsulation se déclare avant l'adresse. Une sous-interface sans encapsulation dot1Q ne sait pas quelle étiquette lire : IOS refuse l'adresse, ou l'accepte et ne route rien.

L'interface physique doit être allumée. Les sous-interfaces suivent leur parente : g0/1 restée shutdown éteint les trois d'un coup, et le symptôme ressemble à une panne DHCP.

On appelle ce montage un router-on-a-stick : un seul câble physique, trois réseaux logiques qui s'y croisent.

7.5 · Le commutateur : VLAN, adresse d'administration, agrégations, ports d'accès

Cisco IOS — S1
S1(config)# vlan 21
S1(config-vlan)#  name Comptabilite
S1(config-vlan)# vlan 23
S1(config-vlan)#  name Engineering
S1(config-vlan)# vlan 99
S1(config-vlan)#  name Gestion
S1(config-vlan)# exit
S1(config)# interface vlan 99
S1(config-if)#  ip address 192.168.99.2 255.255.255.0
S1(config-if)#  no shutdown
S1(config-if)# exit
S1(config)# ip default-gateway 192.168.99.1
S1(config)# interface f0/3
S1(config-if)#  switchport mode trunk
S1(config-if)#  switchport trunk native vlan 1
S1(config-if)# interface f0/5
S1(config-if)#  switchport mode trunk
S1(config-if)#  switchport trunk native vlan 1
S1(config-if)# exit
S1(config)# interface range f0/1-2, f0/4, f0/6-24, g0/1-2
S1(config-if-range)#  switchport mode access
S1(config-if-range)# exit
S1(config)# interface f0/6
S1(config-if)#  switchport access vlan 21
S1(config-if)# exit
S1(config)# interface range f0/1-2, f0/4, f0/7-24, g0/1-2
S1(config-if-range)#  shutdown

Sur S3, tout est identique à trois détails près : l'adresse est 192.168.99.3, il n'y a qu'une agrégation (f0/3), et le port d'accès du VLAN 21 est f0/18.

⚠️ Un commutateur n'a pas de table de routage

Son adresse vit sur une interface virtuelle de VLAN — ici interface vlan 99 — et sa sortie se déclare avec ip default-gateway, pas avec ip route. Un commutateur de niveau 2 ne route rien : il a une adresse pour qu'on puisse l'administrer, c'est tout.

Et cette interface ne monte que si le VLAN 99 existe et qu'au moins un port actif le porte. Une agrégation suffit — c'est pour cela que les deux commutateurs se joignent par le f0/3.

7.6 · RIPv2 sur les trois routeurs

Cisco IOS — R1
R1(config)# router rip
R1(config-router)#  version 2
R1(config-router)#  network 172.16.0.0
R1(config-router)#  network 192.168.21.0
R1(config-router)#  network 192.168.23.0
R1(config-router)#  network 192.168.99.0
R1(config-router)#  passive-interface g0/1.21
R1(config-router)#  passive-interface g0/1.23
R1(config-router)#  passive-interface g0/1.99
R1(config-router)#  no auto-summary
Cisco IOS — R2
R2(config)# router rip
R2(config-router)#  version 2
R2(config-router)#  network 172.16.0.0
R2(config-router)#  network 10.0.0.0
R2(config-router)#  passive-interface loopback 0
R2(config-router)#  no auto-summary

Le sujet précise « ignorez le réseau G0/0 » : le lien vers Internet ne s'annonce pas en RIP. Il n'a rien à faire dans un protocole interne, et c'est la NAT qui s'occupe de ce qui sort.

Cisco IOS — R3
R3(config)# router rip
R3(config-router)#  version 2
R3(config-router)#  network 172.16.0.0
R3(config-router)#  network 192.168.4.0
R3(config-router)#  network 192.168.5.0
R3(config-router)#  network 192.168.6.0
R3(config-router)#  passive-interface loopback 4
R3(config-router)#  passive-interface loopback 5
R3(config-router)#  passive-interface loopback 6
R3(config-router)#  no auto-summary
⚠️ network n'accepte pas de masque, et c'est tout le piège

On écrit network 172.16.0.0, pas network 172.16.1.0 /30 : la commande attend une adresse de réseau par classe. Une seule ligne couvre donc les deux liaisons série 172.16.1.0/30 et 172.16.2.0/30.

no auto-summary répare l'effet de bord : sans elle, RIP annonce aux voisins 172.16.0.0/16 au lieu des deux /30 réels, et les routes se chevauchent.

Sur R3, network 192.168.4.0, .5.0 et .6.0 font bien trois lignes : chaque /24 est une classe C distincte.

💡 Pourquoi passive-interface sur les LAN

Une interface passive continue d'annoncer son réseau aux autres routeurs, mais cesse d'envoyer des mises à jour sur le segment. Sur un LAN d'utilisateurs, personne n'écoute RIP : ces diffusions sont du bruit toutes les trente secondes, et un renseignement offert à qui pose un analyseur de trames.

Le même raisonnement vaut pour les loopbacks de R2 et R3 : il n'y a personne au bout d'une interface logique.

7.7 · DHCP sur R1

Cisco IOS — R1
R1(config)# ip dhcp excluded-address 192.168.21.1 192.168.21.20
R1(config)# ip dhcp excluded-address 192.168.23.1 192.168.23.20
R1(config)# ip dhcp pool ACCT
R1(dhcp-config)#  network 192.168.21.0 255.255.255.0
R1(dhcp-config)#  default-router 192.168.21.1
R1(dhcp-config)#  dns-server 10.10.10.10
R1(dhcp-config)#  domain-name ccna-sa.com
R1(dhcp-config)# exit
R1(config)# ip dhcp pool ENGNR
R1(dhcp-config)#  network 192.168.23.0 255.255.255.0
R1(dhcp-config)#  default-router 192.168.23.1
R1(dhcp-config)#  dns-server 10.10.10.10
R1(dhcp-config)#  domain-name ccna-sa.com

Les noms de pools sont imposés par le sujet — ACCT et ENGNR — et ils sont sensibles à la casse.

7.8 · NAT statique et dynamique sur R2

Cisco IOS — R2
R2(config)# ip nat inside source static 10.10.10.10 209.165.200.229

R2(config)# interface s0/0/0
R2(config-if)#  ip nat inside
R2(config-if)# interface s0/0/1
R2(config-if)#  ip nat inside
R2(config-if)# interface loopback 0
R2(config-if)#  ip nat inside
R2(config-if)# interface g0/0
R2(config-if)#  ip nat outside
R2(config-if)# exit

R2(config)# access-list 1 permit 192.168.21.0 0.0.0.255
R2(config)# access-list 1 permit 192.168.23.0 0.0.0.255
R2(config)# access-list 1 permit 192.168.4.0 0.0.3.255
R2(config)# ip nat pool INTERNET 209.165.200.225 209.165.200.228 netmask 255.255.255.248
R2(config)# ip nat inside source list 1 pool INTERNET
🧰 Le masque générique qui résume les trois loopbacks de R3
calcul
À autoriser : 192.168.4.0/24, 192.168.5.0/24, 192.168.6.0/24

4  = 0000 0100
5  = 0000 0101
6  = 0000 0110
7  = 0000 0111   ← le bloc ne se referme qu'à 7
     ^^^^^^ 6 bits communs, 2 bits qui varient

→ résumé : 192.168.4.0/22   masque générique 0.0.3.255

access-list 1 permit 192.168.4.0 0.0.3.255

Un masque générique est l'inverse d'un masque de sous-réseau : un 0 veut dire « ce bit doit correspondre », un 1 veut dire « peu importe ». 0.0.3.255 laisse donc varier les deux derniers bits du troisième octet — exactement 4, 5, 6 et 7.

7.9 · NTP : R2 serveur, R1 client

Cisco IOS — R2 puis R1
R2# clock set 09:00:00 5 march 2016
R2# configure terminal
R2(config)# ntp master 5

R1(config)# ntp server 172.16.1.2
R1(config)# ntp update-calendar
R1(config)# end
R1# show ntp status
R1# show ntp associations
⚠️ clock set ne se tape pas en mode de configuration

Régler l'heure n'est pas configurer l'équipement : c'est une commande du mode d'exécution privilégié, R2#, et elle est refusée depuis R2(config)#. La date s'écrit à l'anglaise : 5 march 2016.

Et la synchronisation ne se voit pas tout de suite : show ntp status annonce unsynchronized pendant quelques minutes avant de basculer. Ce n'est pas une panne, c'est le protocole qui mesure.

7.10 · Les commandes de vérification, par étage

Ce qu'on tape pour prouver que chaque étage tient
ÉtageCommandeCe qu'on y lit
Interfacesshow ip interface briefadresse, état, protocole — en une page
show interfaces s0/0/0l'encapsulation et l'horloge du lien série
VLANshow vlan briefles VLAN déclarés et les ports qui les portent
show interfaces trunkles agrégations, leur VLAN natif, les VLAN autorisés
Routageshow ip protocolsversion de RIP, réseaux annoncés, interfaces passives
show ip route riples routes apprises par RIP, et elles seules
show running-config | section ripla section RIP de la configuration en cours
DHCPshow ip dhcp bindingquel poste a reçu quelle adresse
show ip dhcp pooll'état des réserves, et s'il reste des baux
NATshow ip nat translationsles traductions en cours
show ip nat statisticsles compteurs, et les interfaces inside/outside
NTPshow ntp statussynchronisé ou non, et à quelle strate
show ntp associationsle serveur interrogé et l'écart mesuré
💡 Les trois questions du sujet, et leurs réponses

L'étape 4 de la partie RIP pose trois questions à remplir. Les voici :

  • afficher l'identifiant de processus, les réseaux annoncés et les interfaces passives → show ip protocols ;
  • n'afficher que les routes RIP → show ip route rip ;
  • afficher la section RIP de la configuration en cours → show running-config | section rip.
🔧 Corrigé — le schéma et le tableau se contredisent sur 172.16.2.0/30

Le tableau de tâches demande « la première adresse disponible » pour R2 S0/0/1 et « l'adresse disponible suivante » pour R3 S0/0/1, ce qui donnerait R2 = .1 et R3 = .2. Le schéma de topologie porte l'inverse : .2 du côté de R2, .1 du côté de R3.

Les deux attributions fonctionnent — sur un /30, il n'y a que deux adresses et aucune n'est privilégiée. Le site suit le schéma, parce que le sujet lui-même renvoie partout à « consultez le schéma topologique pour obtenir les informations sur l'adresse ».

Si la question tombe, la bonne réponse est de dire les deux : citer le schéma, signaler la contradiction. C'est ce qu'on attend d'un technicien devant une documentation qui se contredit — pas de deviner, mais de relever.

⚡ Récap 2 minutes

  • Le plan d'adressage s'écrit avant la première commande. C'est la seule étape où une erreur ne coûte rien.
  • « Première adresse disponible » = .1, pas .0. Et la dernière est .254, pas .255.
  • Une passerelle est toujours dans le même sous-réseau que la machine. Le sujet demande ici une passerelle qui ne l'est pas : c'est .233, pas .225.
  • Un /30 pour une liaison point à point : deux adresses utilisables, exactement le nécessaire.
  • Monter de bas en haut : physique → adressage → VLAN → routage → services. Un service testé trop tôt semble toujours cassé.
  • erase startup-config ne supprime pas les VLAN : il faut aussi delete vlan.dat.
  • Les exclusions DHCP se posent avant le pool, et protègent la passerelle.
  • Pas de NAT sans inside et outside sur les interfaces.
  • IPv6 : ipv6 unicast-routing, sinon le routeur ne route pas.
  • Tester du plus proche au plus lointain, et s'arrêter au premier échec.

Sources exploitées

  • Sujet d'atelier de révision « Infrastructure Réseaux » — 11 pages : contexte, topologie, tableaux de tâches et tableaux de tests
  • Topologie de la maquette : trois routeurs, deux commutateurs, clé de VLAN et plages d'adresses

Le sujet d'origine n'est pas redistribué. Le plan d'adressage publié ici est recalculé depuis la topologie, et relu à chaque contrôle par verif-technique.py.