Fondements des réseaux

Qui parle à qui, par quel câble, selon quelle organisation — et comment on lit un schéma de réseau sans hésiter.

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Résumé flash

Un réseau, ce sont des hôtes (qui produisent ou consomment les données) reliés par des équipements intermédiaires (qui ne font que transporter). Le support — cuivre, fibre ou ondes — se choisit sur quatre critères : distance, environnement, débit, coût. L'étendue classe le réseau (PAN, LAN, MAN, WAN) et la topologie décrit son organisation — avec une distinction capitale entre ce qu'on voit (physique) et ce qui circule réellement (logique).

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01Qu'est-ce qu'un réseau

Un réseau est un ensemble d'objets interconnectés qui font circuler des éléments selon des règles définies. Cette définition tient en trois mots, et les trois comptent : des objets, une circulation, des règles.

💡 Analogie

Le réseau, c'est le restaurant entier. Les éléments qui circulent, ce sont les plats. Les règles, ce sont le menu et la façon de commander. Si vous commandez en japonais dans un restaurant italien, personne ne comprend : c'est exactement ce qu'on appelle une erreur de protocole.

Ces règles portent un nom : les protocoles. Deux machines qui ne parlent pas le même protocole ne communiquent pas, même parfaitement câblées.

02Les deux familles d'équipements

Les périphériques finaux — les hôtes

Ce sont les périphériques réseau auxquels les personnes sont le plus habituées. Ils forment l'interface entre le réseau humain et le réseau de communication sous-jacent :

  • ordinateurs — stations de travail, portables, serveurs de fichiers, serveurs Web ;
  • imprimantes réseau ;
  • téléphones VoIP ;
  • caméras de surveillance ;
  • périphériques portables mobiles — lecteurs de codes-barres sans fil, assistants numériques, smartphones, tablettes.

Dans le cas d'un réseau, les périphériques finaux sont appelés hôtes. Un hôte constitue soit la source, soit la destination d'un message transmis à travers le réseau. Pour qu'il soit possible de les distinguer, chaque hôte est identifié par une adresse. Lorsqu'un hôte démarre une communication, il utilise l'adresse de l'hôte de destination pour indiquer où le message doit être envoyé.

Dans les réseaux actuels, un hôte peut jouer le rôle de client, de serveur, ou les deux. C'est le logiciel installé qui détermine son rôle :

  • les serveurs sont des hôtes équipés de logiciels leur permettant de fournir des informations et des services — messagerie, pages Web — à d'autres hôtes ;
  • les clients sont des hôtes équipés d'un logiciel qui leur permet de demander des informations auprès du serveur et de les afficher.

Les périphériques intermédiaires

Ce sont les travailleurs de l'ombre : ils ne créent ni ne consomment les données, ils les transportent et les dirigent. Switchs, routeurs, hubs, ponts, répéteurs, points d'accès sans fil.

Le message part d'un hôte et arrive à un hôte. Entre les deux : que du transport. HÔTEsource SWITCH couche 2 ROUTEUR couche 3 HÔTEdestination crée / consomme ne fait que transporter et diriger crée / consomme Chaque hôte possède une adresse : c'est elle qui dit où va le message.
La question à se poser devant un équipement : « est-il l'origine ou la destination d'un message ? » Si non, c'est un intermédiaire.
❓ Auto-évaluation

Sur un schéma de réseau figurent un smartphone et un point d'accès Wi-Fi. Lequel est un hôte, lequel est un intermédiaire, et pourquoi ?

Le smartphone est un hôte : il consulte des pages, envoie des messages — il est source ou destination des données, et il possède sa propre adresse en tant que terminal.

Le point d'accès est un intermédiaire : il ne produit aucune donnée utile, il relaie celles des autres entre le sans-fil et le câble.

Le critère qui tranche — et non la taille ou la mobilité de l'appareil : l'équipement est-il l'origine ou la fin du message ? Un serveur d'armoire est un hôte ; un petit switch de bureau est un intermédiaire.

03Les équipements intermédiaires

Ils se classent par niveau d'intelligence croissante. Plus un équipement monte dans les couches, plus il comprend ce qu'il transporte — et plus il peut prendre de décisions.

Le répéteur

Ces systèmes permettent l'interconnexion de médias similaires ou différents pour une méthode d'accès donnée, et assurent une continuité de la topologie physique pour constituer un réseau local unique. Le répéteur est l'équipement clé du réseau Ethernet pour tout ce qui concerne la taille du réseau ou le changement de média. C'est le matériel de plus bas niveau sur le réseau local : il n'interprète pas les trames qu'il reçoit et se contente de les retransmettre bit à bit sur les autres segments.

Sa principale fonction est la régénération du signal : le signal subit une atténuation et une distorsion tout au long de sa propagation dans le câble ; le répéteur émet les signaux reçus en les remettant en forme.

Le pont (bridge)

Il réalise la connexion entre deux réseaux locaux de type différent. Il permet de gérer des liaisons locales ou distantes et d'optimiser les flux de communication ; il offre en outre une possibilité d'extension au-delà des limites imposées par la norme Ethernet ou Token Ring.

Au niveau de la sécurité, les ponts sont plus puissants que le répéteur : ils peuvent éviter la propagation de certains défauts, et ils filtrent les trames entre deux réseaux.

Le hub (concentrateur)

Les hubs permettent la connexion de plusieurs nœuds sur un même point d'accès, en se partageant la bande passante totale. La structure physique qui s'en dégage est une étoile, mais la topologie logique reste un bus (pour Ethernet).

Le switch (commutateur)

Le commutateur assure l'interconnexion de stations ou de segments d'un réseau local en leur attribuant l'intégralité de la bande passante, à l'inverse du concentrateur qui la partage. Les commutateurs ont donc été introduits pour augmenter la bande passante globale d'un réseau d'entreprise ; ils sont une évolution des concentrateurs Ethernet. Ils ne mettent en œuvre aucune fonctionnalité de sécurité, hormis l'amélioration de la disponibilité.

Le routeur

Les routeurs sont des éléments actifs qui permettent d'interconnecter localement ou à distance des réseaux entre eux. Agissant au niveau 3 du modèle OSI, ils proposent des mécanismes évolués permettant de déterminer le meilleur chemin pour acheminer l'information. Leur mécanisme est lié aux protocoles supportés par les réseaux qu'ils interconnectent : les fonctionnalités de routage des paquets interviennent au niveau de la couche réseau et mettent en œuvre des algorithmes de routage pour assurer l'acheminement des paquets à leur destination finale.

🧰 Le tableau qui résume tout
ÉquipementCouche OSICe qu'il litBande passanteSépare quoi ?
Répéteur1 — physiqueRien, il régénère des bits PartagéeRien
Hub1 — physiqueRien, répéteur multiport PartagéeRien
Pont2 — liaisonAdresses MAC SegmentéeLes domaines de collision
Switch2 — liaisonAdresses MAC Intégrale par portLes domaines de collision
Routeur3 — réseauAdresses IP Selon interfaceLes domaines de diffusion
⚠️ Piège d'examen — hub contre switch

La différence n'est pas « le switch est plus récent ». Elle est mesurable : sur un hub à 8 ports en 100 Mbit/s, les 8 machines se partagent 100 Mbit/s. Sur un switch à 8 ports en 100 Mbit/s, chaque machine dispose de 100 Mbit/s. C'est la formulation attendue : le hub partage, le switch attribue l'intégralité.

Second point souvent oublié : le switch, comme le hub, ne bloque pas les diffusions. Seul le routeur arrête un broadcast.

🌍 Le saviez-vous ?

Répéteurs, ponts et hubs ont pratiquement disparu du marché : le switch fait leur travail en mieux, et pour moins cher. S'ils restent au programme, c'est parce qu'ils expliquent le pourquoi du switch — et parce que les notions de domaine de collision et de domaine de diffusion, elles, n'ont pas bougé d'un pouce.

04Les supports de transmission

Pour relier les diverses entités d'un réseau, plusieurs supports physiques peuvent être utilisés. On distingue généralement trois familles : les fils métalliques, les fibres optiques, et le sans-fil.

Le câble coaxial

Proche du câble qui relie le téléviseur à son antenne, il se compose de quatre couches concentriques :

CoucheRôle
Gaine Protège le câble de l'environnement extérieur. Habituellement en caoutchouc, parfois en PVC
Blindage Enveloppe métallique entourant les câbles. Protège les données des parasites (le « bruit ») qui causeraient une distorsion
Isolant Entoure la partie centrale. Matériau diélectrique qui évite tout contact avec le blindage — donc tout court-circuit
Âme Accomplit le transport des données. Un seul brin de cuivre, ou plusieurs brins torsadés

Il permet des vitesses de transmission plus élevées que la paire torsadée de son époque et des connexions à plus grande distance. Il reste néanmoins assez coûteux.

🔧 Précision d'actualité

L'affirmation « le coaxial permet des vitesses bien plus élevées que la paire torsadée » était vraie face aux premières paires torsadées. Ce n'est plus le cas aujourd'hui : une paire torsadée Cat 6a atteint 10 Gbit/s sur 100 m, très au-delà du coaxial en réseau local. Le coaxial a quasiment disparu des LAN ; il survit en télévision et dans les réseaux d'opérateurs. À l'examen, citez l'affirmation du cours, mais sachez la situer dans son époque.

La paire torsadée

Elle est composée de brins de cuivre entrelacés (torsadés) et recouverts d'une enveloppe isolante. L'entrelacement des brins permet de limiter les interférences extérieures — moteur, relais, transformateur — mais la protection d'un blindage est bien plus efficace.

C'est le même câble que celui utilisé pour les téléphones. Il existe des câbles à 2 ou 4 paires, blindés (STP) ou non blindés (UTP). Ce type de câble est utilisé pour le câblage dit universel, mais aussi pour les réseaux Token Ring (anneau à jeton) et Ethernet.

C'est une solution économique mais limitée : elle ne permet pas une très grande vitesse de transmission et reste sensible à l'environnement électromagnétique.

💡 Pourquoi torsader ?

Deux fils parallèles captent un parasite différemment — l'un est plus près de la source que l'autre, le déséquilibre fausse le signal. En les torsadant, on fait alterner leur position des dizaines de fois par mètre : chacun subit exactement la même perturbation, et le récepteur, qui ne lit que la différence entre les deux fils, l'annule. Le parasite s'auto-détruit par symétrie.

La fibre optique

Elle est composée de :

  • deux cylindres extrêmement fins en verre (silice ou plastique), l'un pour recevoir les données et l'autre pour les envoyer : c'est le cœur (core) ;
  • deux gaines optiques en verre concentrique, une pour chaque cylindre ;
  • deux couches de fibre en Kevlar, une pour chaque gaine optique : le petit isolant et le grand isolant.

C'est le nec plus ultra des médias télématiques : elle véhicule des impulsions lumineuses et non électromagnétiques, elle n'est absolument pas sensible aux perturbations pouvant affecter les autres supports, et elle permet d'aller jusqu'à plusieurs kilomètres avant que l'information ne subisse de graves détériorations — là où le câble coaxial doit être régénéré tous les kilomètres.

Les ondes hertziennes

Elles supportent de grandes distances et de grandes capacités, pour une propagation en visibilité directe (entre 50 et 80 km). Elles prolongent et remplacent les câbles, pour une plus grande souplesse mais aussi une plus grande sensibilité au bruit.

🔧 Précision — ne pas confondre deux sans-fil

Les 50 à 80 km en visibilité directe décrivent les faisceaux hertziens, ces antennes paraboliques qui relient deux sites distants. Le Wi-Fi, lui, porte quelques dizaines de mètres en intérieur. Les deux sont « du sans-fil » mais ne jouent pas dans la même catégorie : ne citez pas les 80 km pour justifier un Wi-Fi d'entreprise.

Les quatre critères de choix

🧰 À connaître par cœur — ils tombent tels quels
  1. La distance sur laquelle les supports peuvent transporter correctement un signal.
  2. L'environnement dans lequel les supports doivent être installés.
  3. La quantité de données et le débit de la transmission.
  4. Le coût des supports et de l'installation.
SupportDistanceImmunité au bruitDébitCoût
Paire torsadée UTP100 mFaibleBonFaible
Paire torsadée STP100 mMoyenneBonMoyen
CoaxialQuelques centaines de mBonneMoyenÉlevé
Fibre optiquePlusieurs km TotaleTrès élevéÉlevé
Sans-filVariableFaibleMoyenFaible
❓ Auto-évaluation

Une usine doit relier deux bâtiments distants de 2 km, et l'atelier intermédiaire est plein de machines qui produisent des étincelles et des parasites électriques. Quel support choisissez-vous, et avec quel argument du cours ?

La fibre optique, et deux critères sur quatre la désignent :

  • Distance — 2 km. La paire torsadée plafonne à 100 m, le coaxial exige une régénération tous les kilomètres. La fibre parcourt plusieurs kilomètres sans détérioration grave.
  • Environnement — elle véhicule des impulsions lumineuses, pas électromagnétiques : elle est totalement insensible aux parasites des machines. Aucun câble cuivre, même blindé, n'offre cela.

Si le cuivre était imposé à l'intérieur de l'atelier : de la STP (blindée), car le blindage est bien plus efficace que le simple torsadage face à un environnement électromagnétique agressif. Mais cela ne résoudrait pas le problème des 2 km.

05Client-serveur et pair-à-pair

On distingue deux modes de fonctionnement, dont le choix dépend de la taille de l'entreprise, du niveau de sécurité nécessaire, du type d'activité, du niveau de compétence d'administration disponible, du volume de trafic, des besoins des utilisateurs et du budget — achat, mais aussi entretien et maintenance.

Le mode client / serveur

Le périphérique qui demande les informations est nommé client ; celui qui répond à la requête est nommé serveur. Le client commence l'échange en demandant des données au serveur, qui répond en envoyant un ou plusieurs flux de données.

Exemple : dans une entreprise, les employés utilisent un serveur de messagerie. Le client de messagerie situé sur l'ordinateur d'un employé envoie une demande au serveur pour tout courriel non lu ; le serveur répond en envoyant le courriel requis.

Bien que les données soient généralement décrites comme transmises du serveur au client, certaines vont toujours du client au serveur. Le flux peut être égal dans les deux sens, ou même plus important dans le sens client vers serveur — un client peut transférer un fichier vers le serveur à des fins de stockage.

🧰 Deux mots à ne jamais inverser
vocabulaire
Upload   — téléchargement MONTANT     : client  →  serveur
Download — téléchargement DESCENDANT  : serveur →  client

Astuce : « up » = tu envoies vers le haut, vers le serveur.
         Quand tu déposes un devoir sur l'ENT, tu fais un UPLOAD.
CLIENT SERVEUR Requête — je demande Réponse — je fournis
Une hiérarchie : le client demande toujours en premier, le serveur ne parle jamais spontanément.

Le mode pair-à-pair (peer to peer)

Contrairement à une architecture client/serveur, il n'y a pas de serveur dédié. Chaque ordinateur peut être considéré comme serveur ou client : chacun est libre de partager ses ressources. Un ordinateur relié à une imprimante pourra donc éventuellement la partager afin que tous les autres y accèdent via le réseau.

Client / serveurPair-à-pair
OrganisationHiérarchie, rôles fixesPas de chef, rôles interchangeables
AdministrationCentraliséeChacun gère son poste
SécuritéBonne — comptes centralisésFaible — autant de politiques que de postes
CoûtÉlevé — serveur, licences, compétencesFaible
Taille adaptéeMoyenne à grande entrepriseQuelques postes
Panne du serveurTout s'arrêteSeul le poste concerné est perdu

06PAN, LAN, MAN, WAN

On distingue différents types de réseaux privés selon leur taille (en nombre de machines), leur vitesse de transfert et leur étendue. Les réseaux privés appartiennent à une même organisation.

PANpersonnel LANlocal MANmétropolitain WANétendu 1 m 10 m 100 m 1 km 10 km 100 km 1 000 km étendue
Une échelle continue : la frontière entre deux catégories est une zone, pas une ligne.
🔧 Corrigé pour exactitude technique

Deux points à rectifier dans le polycopié :

  • PAN est développé en « Private Area Network ». Le terme normalisé est Personal Area Network — réseau personnel. La confusion est fréquente parce que ces réseaux sont effectivement privés, mais c'est bien Personal qui est attendu.
  • Le cours annonce « il existe trois catégories de réseaux » puis en énumère quatre (PAN, LAN, MAN, WAN), et la figure en montre quatre également. Retenez quatre.
TypeNom completÉtendueInfrastructureExemple
PANPersonal Area Network1 à 10 m PersonnelleÉcouteurs Bluetooth reliés au téléphone
LANLocal Area Network100 m à 1 km Privée, gérée localement par le personnel informatique Le réseau du lycée, d'un bâtiment, d'un campus
MANMetropolitan Area Network10 à 100 km Privée ou publiqueUne ville reliant ses différents services
WANWide Area Network1 000 km et plus En général publique — opérateurs, facturation à l'usage Internet

Ce que le cours précise sur chacun

LAN — en général circonscrits à un bâtiment ou à un groupe de bâtiments pas trop éloignés : site universitaire, usine, campus. L'infrastructure est privée et gérée localement par le personnel informatique. Bande passante annoncée dans le cours : de 4 Mbit/s à 100 Mbit/s.

MAN — regroupe un petit nombre de réseaux locaux à l'échelle d'une ville ou d'une région. L'infrastructure peut être privée ou publique. Une ville peut créer un MAN pour relier ses services disséminés sur quelques kilomètres, et en profiter pour louer cette infrastructure à d'autres. Bande passante : de quelques centaines de kbit/s à quelques Mbit/s.

WAN — permet l'interconnexion de réseaux locaux et métropolitains à l'échelle de la planète, d'un pays, d'une région ou d'une ville. L'infrastructure est en général publique (opérateurs télécom) et l'utilisation est facturée en fonction du trafic ou de la bande passante réservée. Une ligne louée est réservée exclusivement au locataire, 24 h sur 24, pour la durée du contrat. Les modems sont un des éléments de base des WAN.

🌍 Ces débits ont vieilli

« 4 à 100 Mbit/s » pour un LAN décrit les années 1990-2000. Un LAN d'entreprise actuel tourne à 1 Gbit/s sur le poste et 10 Gbit/s ou plus en cœur de réseau. Citez la valeur du cours si on vous la demande, mais si l'énoncé porte sur un dimensionnement réel, raisonnez en gigabits.

❓ Auto-évaluation

Sur un schéma figurent trois zones encadrées — Home Office, Central, Branch — reliées par un nuage marqué Internet. Combien de LAN, combien de WAN, et comment le justifier ?

Trois LAN : chaque zone encadrée est un réseau local, circonscrit à un site, avec son infrastructure privée et ses propres équipements intermédiaires.

Un WAN : le nuage Internet, qui interconnecte ces LAN à travers une infrastructure publique que l'entreprise ne possède ni ne gère.

Le critère de lecture d'un schéma : un cadre = un site = un LAN ; un nuage = un réseau qu'on ne maîtrise pas = un WAN. Le nuage est justement dessiné en nuage parce qu'on ignore ce qu'il y a dedans.

07Les topologies

Un réseau informatique est constitué d'ordinateurs reliés entre eux par du matériel — câbles, cartes réseau et autres équipements assurant la bonne circulation des données. L'arrangement physique de ces éléments est appelé topologie physique.

⚠️ La distinction la plus importante du chapitre

Topologie physique = la configuration spatiale, visible : le dessin des câbles, ce que vos yeux voient.
Topologie logique = la façon dont les données transitent réellement dans les câbles.

Les deux peuvent différer, et c'est précisément ce que l'examen vérifie. Un hub crée une étoile physique mais un bus logique.

La topologie en bus

C'est l'organisation la plus simple : tous les ordinateurs sont reliés à une même ligne de transmission par l'intermédiaire d'un câble, généralement coaxial. Le mot « bus » désigne cette ligne physique.

Avantages : simplicité de mise en œuvre, fonctionnement facile.
Inconvénient majeur : elle est extrêmement vulnérable — si l'une des connexions est défectueuse, c'est l'ensemble du réseau qui est affecté.

La topologie en étoile

Les ordinateurs sont reliés à un système matériel central appelé hub ou concentrateur : une boîte comprenant un certain nombre de jonctions auxquelles on connecte les câbles en provenance des ordinateurs. Le concentrateur assure la communication entre les différentes jonctions.

Avantage : beaucoup moins vulnérable que le bus — on peut retirer une connexion en la débranchant du concentrateur sans paralyser le reste du réseau.
Inconvénient : plus onéreuse, car un matériel supplémentaire est nécessaire (le hub).

La topologie en anneau

Les ordinateurs communiquent chacun à leur tour : on a une boucle sur laquelle chacun va « avoir la parole » successivement.

En réalité, les ordinateurs d'un réseau en anneau ne sont pas reliés en boucle : ils sont reliés à un répartiteur appelé MAU (Multistation Access Unit) qui gère la communication en impartissant à chacun un temps de parole. Physiquement, c'est donc une étoile.

BUS Un câble unique 1 coupure = tout tombe ÉTOILE HUB 1 coupure = 1 poste perdu ANNEAU Chacun parle à son tour
Trois organisations, trois compromis entre coût et résistance à la panne.

Physique et logique : les trois cas à connaître

ÉquipementTopologie physiqueTopologie logique
HubÉtoileBus
SwitchÉtoile Bus si en mode broadcast, point à point si en mode unicast
Token RingÉtoileAnneau
⚠️ Piège classique

« Mes PC sont branchés sur un hub, donc c'est une étoile. » — Physiquement oui. Logiquement, c'est un bus : le hub recopie chaque signal sur tous ses ports, exactement comme s'ils partageaient un unique câble. D'où le partage de bande passante et les collisions. La question d'examen est presque toujours posée sur la topologie logique, celle qu'on ne voit pas.

08Sécuriser le réseau

La sécurité des réseaux passe par l'acquisition de matériels et de logiciels, et par une démarche visant à mettre en évidence les différentes facettes de la problématique pour en déduire les solutions techniques et organisationnelles adéquates. Elle se joue donc à deux niveaux.

Côté matériel — le firewall

Un firewall est un matériel autonome ou un ordinateur équipé de plusieurs cartes réseau, placé entre le réseau interne et le réseau externe (souvent Internet). Comme son nom l'indique, il sert à protéger le réseau local des problèmes pouvant provenir de l'extérieur. Il comporte au minimum deux interfaces :

  • une interface pour le réseau à protéger — le réseau interne ;
  • une interface pour le réseau externe.

D'autres terminologies sont parfois employées : garde-barrière (gate-keeper), porte coupe-feu.

Lorsque certaines machines internes doivent être accessibles depuis l'extérieur — serveur Web, serveur de messagerie, serveur FTP public — il est souvent nécessaire de créer une nouvelle interface vers un réseau à part, accessible aussi bien du réseau interne que de l'extérieur, sans pour autant compromettre la sécurité de l'entreprise.

🌍 Ce réseau à part porte un nom

C'est la DMZ — zone démilitarisée. On y place les serveurs exposés. Si l'un d'eux est compromis, l'attaquant se retrouve dans la DMZ, pas dans le réseau interne : le firewall filtre aussi entre la DMZ et le LAN. C'est le terme attendu en épreuve dès qu'on parle de « serveur accessible depuis Internet ».

Le firewall a deux buts :

  • Surveiller tous les paquets de données, entrants et sortants, et écarter ceux qui ne répondent pas positivement aux règles de filtrage. C'est ce qu'on appelle le filtrage paquet.
  • Contrôler une application spécifique, telle que le courrier électronique, et décider ce qui est admissible. C'est le terme proxy qui désigne de telles passerelles.

Les deux politiques de filtrage

🧰 La règle d'or

Un système pare-feu contient un ensemble de règles prédéfinies permettant :

  1. soit d'autoriser uniquement les communications explicitement autorisées : « Tout ce qui n'est pas explicitement autorisé est interdit » ;
  2. soit d'empêcher les échanges explicitement interdits.

Le choix dépend de la politique de sécurité adoptée. La première méthode est sans nul doute la plus sûre, mais elle impose une définition précise et contraignante des besoins en communication.

💡 Analogie

Politique 1 — la liste blanche : le videur n'accepte que les noms sur sa liste. Personne d'inconnu n'entre, mais il faut penser à inscrire tout le monde à l'avance. Politique 2 — la liste noire : il refuse les personnes signalées et laisse passer le reste. Plus confortable, mais il suffit d'un visage inconnu et malveillant pour que ça rate. En sécurité, on préfère toujours la liste blanche.

Côté logiciel — l'antivirus

Vu le nombre de virus existants, leur nuisance et leur rapidité de propagation, accrue par Internet, l'utilité d'un antivirus n'est plus à démontrer. C'est un utilitaire qui détecte les virus par l'analyse des fichiers — disque dur, CD, fichiers chargés en mémoire — et les empêche de nuire.

Côté logiciel — le serveur proxy

Il s'agit d'un logiciel qui se situe entre les clients et les serveurs, qu'ils soient internes au réseau local ou externes. Son rôle :

  • il relaie tous les échanges entre clients et serveurs ;
  • il authentifie tous les services ;
  • il maintient un journal de tout ce qui passe par lui ;
  • il masque certaines informations (nom et adresse IP) des machines internes et les remplace par les siennes.

Il empêche donc les personnes extérieures d'avoir des informations sur l'organisation du réseau : seule l'adresse du proxy est connue de l'extérieur.

D'autres services utiles sont fournis :

  • un historique de toutes les connexions Internet des utilisateurs est maintenu — on peut ainsi contrôler leur activité ;
  • une liste d'URL peut être interdite, pour proscrire certains sites aux utilisateurs internes ;
  • les pages web récemment consultées sont mises en cache, ce qui accélère les consultations suivantes.
❓ Auto-évaluation

Le directeur du lycée veut interdire une liste précise de sites web aux élèves. Firewall ou proxy ? Et si un pirate scanne le réseau depuis Internet, comment s'appelle l'action du proxy qui l'empêche de voir vos postes ?

Le proxy. Le firewall raisonne en paquets — adresses IP, ports, protocoles — et bloquerait au mieux une adresse IP, ce qui est grossier : un même serveur peut héberger cent sites, et un site peut changer d'IP. Le proxy, lui, se situe au niveau applicatif : il lit les URL demandées et peut interdire une liste d'adresses précises.

L'action du proxy : il masque les noms et adresses IP des machines du réseau interne et les remplace par les siennes. Le pirate ne voit que l'adresse du proxy ; l'organisation interne du réseau lui reste invisible.

En pratique, on emploie les deux : firewall en barrière d'entrée, proxy en contrôle des usages.

⚡ Le récap en 2 minutes

  • Réseau = objets interconnectés + circulation + règles (les protocoles).
  • Hôte = source ou destination. Intermédiaire = ne fait que transporter. C'est le seul critère.
  • Hub partage la bande passante, switch attribue l'intégralité. Seul le routeur (couche 3) arrête un broadcast.
  • 4 critères de support : distance, environnement, débit, coût.
  • Fibre = longue distance + immunité totale au bruit. STP quand il faut du cuivre en milieu perturbé.
  • Upload = client → serveur. Download = serveur → client.
  • PAN / LAN / MAN / WAN : 10 m / 1 km / 100 km / au-delà. Personal, pas Private.
  • Physique ≠ logique. Hub = étoile physique, bus logique.
  • Firewall filtre les paquets, proxy filtre les usages et masque le réseau. Règle d'or : tout ce qui n'est pas autorisé est interdit.

Sources exploitées

  • 2-Fondement_Réseaux.pdf — le professeur, chap. 1
  • 2-TD1-Représentation du réseau.pdf
  • 2-TP1-Schématiser un Réseau.pdf
  • Modules 1-5 Fondations.docx
  • TP 1 — compte rendu l'élève