Adressage IPv4, masques et sous-réseaux
Comment une machine est identifiée sur un réseau, comment on découpe un réseau en morceaux, et comment ne plus jamais se tromper dans un calcul de masque.
Résumé flash
Une adresse IPv4 tient sur 32 bits et se lit en deux parties : la
partie réseau (le quartier) et la partie hôte (le
numéro dans la rue). C'est le masque qui dit où passe la frontière —
un ET logique entre l'adresse et le masque donne l'adresse du réseau.
Emprunter des bits à la partie hôte permet de découper un réseau en sous-réseaux
(subnetting), et le VLSM autorise des tailles
différentes selon les besoins.
🔑
#adresse-IPv4 #octet #classes-A-B-C-D-E
#masque #CIDR #ET-logique
#subnetting #VLSM #broadcast
#RFC1918
01Les modes de transmission
Avant de parler d'adresses, il faut savoir à qui on parle. Sur un réseau IP, il existe trois façons d'envoyer une information, et chacune correspond à un type d'adresse de destination différent.
Unicast — un vers un
C'est le principe le plus utilisé et le plus simple. Chaque ordinateur possède une adresse IP ; on envoie les trames en spécifiant l'adresse IP de l'ordinateur à qui on veut envoyer les informations. Les éléments actifs et passifs du réseau (commutateurs, répéteurs, routeurs…) dirigent l'information dans la bonne direction pour que les trames arrivent au bon endroit. Seule la machine dont l'adresse figure dans la trame regarde et traite l'information.
Broadcast — un vers tous
Le principe du broadcast est d'envoyer une information à tous les ordinateurs du réseau où l'on est. Au lieu d'envoyer en unicast vers l'adresse IP de chaque machine, on envoie la trame à tous les ordinateurs du sous-réseau en utilisant une adresse de broadcast, réservée à cet usage. Chacun des ordinateurs du sous-réseau regarde et traite la trame comme si elle lui était personnellement adressée.
Les trames de broadcast ont une caractéristique décisive : elles ne passent pas les routeurs. Un broadcast s'adresse uniquement aux ordinateurs d'un même sous-réseau. C'est précisément l'argument qui justifie le découpage en sous-réseaux — et une question classique à l'oral.
Multicast — un vers un groupe
Plutôt que d'envoyer les fichiers du serveur vers chacune des machines clientes (unicast), on n'envoie l'information qu'une seule fois et chaque client la récupère. Dans un réseau Ethernet, toutes les trames qui circulent passent par tous les ordinateurs : on envoie donc l'information à une adresse, et tous les clients écoutent cette adresse. Chaque client multicast s'enregistre avec une adresse IP multicast ; c'est sur cette adresse que les informations sont envoyées.
Dans un immeuble : l'unicast, c'est glisser une lettre dans la boîte de l'appartement 3B. Le broadcast, c'est l'affiche punaisée dans le hall — tout le monde la lit, mais elle ne sort pas de l'immeuble. Le multicast, c'est la liste de diffusion du syndic : seuls ceux qui s'y sont inscrits reçoivent le message.
Pourquoi un broadcast ne traverse-t-il pas un routeur, et quelle conséquence concrète cela a-t-il sur la conception d'un réseau d'entreprise ?
Un routeur sépare deux réseaux logiques distincts. L'adresse de broadcast ne désigne que les hôtes d'un même sous-réseau : le routeur ne la relaie donc pas, sans quoi la diffusion se propagerait à l'infini.
Conséquence : plus un sous-réseau contient de machines, plus le trafic de diffusion sature la bande passante et oblige chaque machine à traiter des trames qui ne la concernent pas. Découper en sous-réseaux réduit ce domaine de broadcast — c'est la justification principale du subnetting.
02Anatomie d'une adresse IPv4
L'adressage IP est basé sur le concept d'hôtes et de réseaux. Un hôte est tout ce qui peut envoyer ou recevoir des trames IP : une station de travail, un routeur. Il ne faut pas le confondre avec un serveur — clients et serveurs sont tous des hôtes IP.
L'adresse IP de n'importe quel hôte est le rassemblement de deux choses :
- l'adresse du réseau où il se trouve ;
- son adresse personnelle sur ce réseau.
Une adresse IP est une séquence de 32 bits composée de 1 et de 0. Afin de faciliter leur lecture, les adresses IP sont exprimées sous la forme de quatre nombres décimaux séparés par des points — la notation décimale pointée. Chaque élément s'appelle un octet (8 chiffres binaires).
La notation décimale pointée est plus simple à comprendre que la méthode des 1 et des 0
binaires, et elle évite un grand nombre d'erreurs de transposition. Les adresses
192.168.1.8 et 192.168.1.9 se distinguent d'un coup d'œil, alors
que …00001000 et …00001001 demandent un effort.
À connaître par cœur : ce sont les seules valeurs dont vous aurez besoin pour convertir n'importe quel octet.
bit n° 8 7 6 5 4 3 2 1
poids 128 64 32 16 8 4 2 1
exemple : 1 1 0 0 0 0 0 0 → 128 + 64 = 192
1 0 1 0 1 0 0 0 → 128 + 32 + 8 = 168
1 1 1 0 0 0 0 0 → 128 + 64 + 32 = 224Par convention, une adresse valide est dans la plage allant de 0.0.0.0 à
255.255.255.255, soit un total de 4,3 milliards d'adresses.
Un octet ne peut jamais dépasser 255 (11111111). Une adresse
comme 155.22.36.366 n'est pas « de classe B » : elle est
invalide, point. Les sujets glissent régulièrement une adresse impossible
au milieu d'un exercice de classification — c'est un test de vigilance, pas de calcul.
03Les classes d'adresses
Les adresses IP sont regroupées en classes afin de permettre l'adaptation à des réseaux de différentes tailles. Dans un modèle d'adressage par classe, la frontière entre partie réseau et partie hôte tombe toujours sur une limite d'octet. Ce sont les premiers bits de l'adresse qui déterminent la classe.
Classe A — les très grands réseaux
Réservée aux réseaux de très grande taille, avec plus de 16 millions d'adresses hôte
disponibles. Seul le premier octet indique l'adresse réseau ; les trois
suivants définissent les adresses hôte. Le premier bit est toujours 0 : la
valeur la plus faible est 00000000 (0) et la plus élevée 01111111
(127). Les valeurs 0 et 127 sont réservées, donc toute adresse dont le
premier octet est compris entre 1 et 126 est de classe A.
Classe B — les réseaux moyens à grands
Les deux premiers octets indiquent le réseau, les deux suivants les hôtes.
Les deux premiers bits sont toujours 10 : de 10000000 (128) à
10111111 (191).
Classe C — les petits réseaux
C'est l'espace le plus utilisé. Les trois premiers octets indiquent le
réseau, le dernier les hôtes — soit 254 hôtes maximum. Les trois premiers
bits valent 110 : de 11000000 (192) à 11011111 (223).
Classes D et E — réservées
La classe D est réservée à la diffusion multicast : ses quatre premiers
bits valent 1110, soit un premier octet de 224 à 239. Il n'est
pas nécessaire d'allouer des bits pour séparer réseau et hôte. La classe E
commence par 1111 (240 à 255) et reste réservée à la recherche : l'IETF
l'utilise à des fins expérimentales, aucune adresse de classe E n'est disponible sur
Internet.
Tableau récapitulatif
| Cl. | 1er octet | Bits de tête | Structure | Masque par défaut | Nb de réseaux | Hôtes par réseau |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A | 1 – 126 | 0 |
R.H.H.H | 255.0.0.0 |
126 (2⁷ − 2) | 16 777 214 (2²⁴ − 2) |
| B | 128 – 191 | 10 |
R.R.H.H | 255.255.0.0 |
16 384 (2¹⁴) | 65 534 (2¹⁶ − 2) |
| C | 192 – 223 | 110 |
R.R.R.H | 255.255.255.0 |
2 097 152 (2²¹) | 254 (2⁸ − 2) |
| D | 224 – 239 | 1110 |
Réservée à la diffusion multicast | |||
| E | 240 – 255 | 1111 |
Expérimentale, réservée à la recherche | |||
Trois écarts avec le tableau du polycopié d'origine, rectifiés ci-dessus :
- Nombre de réseaux de classe B — le cours indique « 16 382 (2¹⁴ − 2) ». La soustraction de 2 s'applique aux hôtes d'un réseau (adresse réseau et broadcast), pas au décompte des réseaux d'une classe. Le nombre correct est 2¹⁴ = 16 384.
- Nombre de réseaux de classe C — même cause : 2²¹ = 2 097 152, et non 2 097 150.
- Classe E — le tableau d'origine annonce « 240 – 254 » et des bits de tête « 11110 » (5 bits), alors que le corps du cours dit, correctement, quatre bits à 1 et une plage de 240 à 255. C'est cette seconde version qui est retenue.
Le cas de la classe A est en revanche exact : on retranche bien 2 (les réseaux 0 et 127 étant réservés), d'où 126 réseaux.
L'adressage par classes est obsolète depuis 1993, remplacé par le CIDR
(Classless Inter-Domain Routing), qui autorise une frontière réseau/hôte n'importe
où dans les 32 bits — d'où la notation /24. Les classes restent enseignées et
tombent à l'examen parce qu'elles fixent les masques par défaut et expliquent
pourquoi les plages privées ont les bornes qu'on leur connaît.
À quelle classe appartiennent 192.168.2.3,
127.0.0.1, 0.236.1.63, 220.50.223.222 et
155.22.36.366 ?
192.168.2.3→ premier octet 192, dans 192–223 : classe C (et adresse privée).127.0.0.1→ 127 est réservé au bouclage (loopback). Techniquement dans la fourchette binaire de la classe A, mais inutilisable comme adresse d'hôte sur un réseau.0.236.1.63→ premier octet 0, réservé : ce n'est pas une adresse de classe A exploitable.220.50.223.222→ 220 est dans 192–223 : classe C.155.22.36.366→ adresse invalide : 366 dépasse 255. Le piège de l'exercice.
04Les adresses réservées
Certaines adresses hôte sont réservées et ne peuvent pas être affectées aux équipements du réseau. Il faut savoir les reconnaître instantanément.
L'adresse de réseau
Une adresse IP dont tous les bits hôte sont à 0 est réservée pour identifier le réseau lui-même. Un routeur utilise cette adresse pour acheminer des données. Elle n'est jamais affectée à une machine.
Exemple en classe B : 176.10.0.0. Les deux premiers octets forment la partie
réseau ; les deux derniers, à 0, indiquent qu'on parle du réseau et non d'une machine. Une
machine de ce réseau pourrait être 176.10.16.1.
L'adresse de diffusion (broadcast)
À l'inverse, une adresse dont tous les bits hôte sont à 1 sert à diffuser
vers tous les équipements du réseau. Pour le réseau 176.10.0.0/16, le broadcast
est 176.10.255.255 — 255 étant la valeur décimale de 11111111.
bits hôte tous à 0 → adresse de RÉSEAU (la première du bloc)
bits hôte tous à 1 → adresse de DIFFUSION (la dernière du bloc)
tout ce qui est entre les deux → adresses d'hôte utilisables
d'où la formule : hôtes utilisables = 2^n − 2Les adresses privées (RFC 1918)
Ces plages peuvent être librement utilisées pour monter un réseau privé ; elles ne sont pas routées sur Internet.
| Débute par | Plage exacte | Bloc CIDR | Type |
|---|---|---|---|
10. | 10.0.0.0 – 10.255.255.255 |
10.0.0.0/8 | Privé — classe A |
172.16. à 172.31. |
172.16.0.0 – 172.31.255.255 |
172.16.0.0/12 | Privé — classe B |
192.168. | 192.168.0.0 – 192.168.255.255 |
192.168.0.0/16 | Privé — classe C |
169.254. | 169.254.0.0 – 169.254.255.255 |
169.254.0.0/16 | APIPA — auto-configuration |
Tout le reste est public.
C'est l'erreur la plus fréquente. La plage privée s'arrête à 172.31,
pas à 172.16 ni à 172.255. Ainsi 172.30.1.100 est privée,
mais 172.32.0.1 est publique. Le moyen mnémotechnique :
16 et 31, comme les deux dates limites d'un demi-mois.
Une adresse privée, c'est un numéro de poste dans un standard téléphonique d'entreprise : le « poste 42 » a du sens à l'intérieur du bâtiment, et plusieurs entreprises peuvent avoir leur propre poste 42 sans conflit. Pour appeler l'extérieur, il faut passer par le numéro public du standard — c'est exactement le rôle du NAT.
Comment savoir si une adresse d'hôte est valide
Quatre vérifications, dans cet ordre :
- Ce n'est pas l'adresse de réseau (la toute première du bloc).
- Ce n'est pas l'adresse de diffusion (la toute dernière du bloc).
- Ce n'est pas une adresse de bouclage : tout ce qui commence par 127 est interdit sur une carte réseau physique.
- Ce n'est pas du multicast : premier octet de 224 à 239.
05Le masque de sous-réseau
Le masque répond à une seule question : où s'arrête la partie réseau et où commence la partie hôte ? Pour le savoir, il suffit d'écrire l'adresse IP en binaire et d'écrire dessous le masque, également en binaire.
| Décimal | Binaire |
|---|---|
192.168.2.53 |
11000000.10101000.00000010.00110101 |
255.255.255.0 |
11111111.11111111.11111111.00000000 |
La partie correspondant aux 1 du masque est le numéro de réseau,
la partie correspondant aux 0 est le numéro d'hôte. Ici, avec
un masque 255.255.255.0, on peut avoir 254 hôtes différents sur le sous-réseau
192.168.2.0.
Le ET logique : trouver le réseau d'une machine
Pour connaître l'adresse du sous-réseau auquel une machine appartient, on effectue un
ET logique entre l'adresse de la machine et le masque, bit à bit.
Rappel : 1 ET 1 = 1, tout le reste donne 0.
Application 1
Adresse 200.100.40.33, masque 255.255.255.224.
| Décimal | Binaire | |
|---|---|---|
| Adresse | 200.100.40.33 |
11001000.01100100.00101000.00100001 |
| Masque | 255.255.255.224 |
11111111.11111111.11111111.11100000 |
| ET | 200.100.40.32 |
11001000.01100100.00101000.00100000 |
La machine appartient au sous-réseau 200.100.40.32.
Le polycopié écrit le troisième octet de 200.100.40.33 en binaire
00101000 dans la ligne « Adresse » — ce qui est bien 40 — mais le reporte en
00101000 puis 00100000 de façon incohérente d'une ligne à
l'autre du tableau. Les valeurs ci-dessus ont été recalculées :
40 = 00101000 et 33 = 00100001, ET 224 = 11100000
donne 00100000 = 32. Le résultat final annoncé par le cours,
200.100.40.32, est correct.
Application 2
Adresse 192.0.0.131, masque 255.255.255.192 (soit /26).
Adresse 192.0.0.131 11000000 00000000 00000000 10000011
Masque 255.255.255.192 11111111 11111111 11111111 11000000
───────────────────────────────────
Résultat 192.0.0.128 11000000 00000000 00000000 10000000
→ sous-réseau 192.0.0.128, la machine y porte le numéro d'hôte 3 (000011)Application 3
Adresse 10.217.123.7, masque 255.248.0.0 (soit /13).
Adresse 10.217.123.7 00001010 11011001 01111011 00000111
Masque 255.248.0.0 11111111 11111000 00000000 00000000
───────────────────────────────────
Résultat 10.216.0.0 00001010 11011000 00000000 00000000
→ identificateur de réseau : 10.216.0.0
(seul le 2ᵉ octet travaille : 217 = 11011001, ET 248 = 11111000 → 11011000 = 216)Un masque valide est une suite ininterrompue de 1 suivie d'une suite ininterrompue de 0. Il n'existe donc que 9 valeurs possibles par octet :
0 128 192 224 240 248 252 254 255
/1 /2 /3 /4 /5 /6 /7 /8 (bits ajoutés dans l'octet)
255.255.255.196 → INVALIDE : 196 = 11000100, les 1 ne sont pas contigus
255.255.255.192 → valide : 192 = 11000000 → /26Une machine porte l'adresse 172.16.117.77 avec le masque
/20. Quelle est son adresse réseau, et combien d'hôtes le réseau peut-il
accueillir ?
Adresse réseau. /20 = 255.255.240.0. Seul le 3e
octet est coupé : 117 = 01110101, ET 11110000 =
01110000 = 112. D'où 172.16.112.0.
Capacité. Il reste 32 − 20 = 12 bits d'hôte, soit 2¹² − 2 = 4 094 hôtes utilisables.
Bornes. Premier hôte 172.16.112.1, dernier hôte
172.16.127.254, diffusion 172.16.127.255.
06Découper en sous-réseaux
Les masques de sous-réseaux permettent de segmenter un réseau en plusieurs sous-réseaux. On utilise pour cela une partie des bits de l'adresse d'hôte pour identifier les sous-réseaux — on dit qu'on emprunte des bits.
Toutes les machines appartenant à un sous-réseau possèdent le même numéro de
réseau. Ainsi, le masque d'une adresse de classe B commencera toujours par
255.255.xx.xx.
Pourquoi créer des sous-réseaux ?
- Utiliser plusieurs supports physiques. Connecter tous les nœuds à un seul support peut être impossible, difficile ou coûteux lorsqu'ils sont trop éloignés.
- Réduire l'encombrement. Plus les nœuds sont nombreux sur un même réseau, plus la bande passante requise est importante. Répartir les nœuds réduit l'encombrement global.
- Économiser du temps de calcul. Les diffusions obligent chaque nœud du réseau à réagir avant d'accepter ou de rejeter le paquet.
- Isoler une panne. Diviser un grand réseau limite l'impact d'une défaillance — une erreur matérielle, une connexion fautive — au seul segment concerné.
- Renforcer la sécurité. Sur un support de diffusion comme Ethernet, tous les nœuds voient les paquets. Si le trafic sensible n'est autorisé que sur un réseau, les autres hôtes n'y ont pas accès.
- Optimiser l'espace d'adressage. Avec un seul numéro de réseau de classe A ou B, on peut couvrir plusieurs réseaux physiques sans demander de numéros supplémentaires.
Combien de sous-réseaux ?
Le nombre théorique de sous-réseaux est égal à 2ⁿ, où n est le nombre de bits à 1 empruntés pour coder les sous-réseaux.
Exemple. Réseau 200.100.40.0, masque 255.255.255.224.
224 = 11100000, donc 3 bits pour le numéro de sous-réseau et
5 bits pour l'hôte. Le nombre de sous-réseaux est 2³ = 8.
Quelles sont les adresses de ces sous-réseaux ?
Il faut faire varier les 3 bits empruntés, en laissant les bits d'hôte à 0 :
000 00000 = 0 → 200.100.40.0
001 00000 = 32 → 200.100.40.32
010 00000 = 64 → 200.100.40.64
011 00000 = 96 → 200.100.40.96
100 00000 = 128 → 200.100.40.128
101 00000 = 160 → 200.100.40.160
110 00000 = 192 → 200.100.40.192
111 00000 = 224 → 200.100.40.224Le pas entre deux adresses de sous-réseau est de 32 = 2⁵, c'est-à-dire la taille complète d'un bloc.
Le cours d'origine présente ce pas de 32 comme « correspondant au nombre théorique d'hôtes par sous-réseau ». La formulation prête à confusion : 32 est le nombre total d'adresses du bloc, adresse de réseau et adresse de diffusion comprises. Le nombre d'hôtes réellement utilisables est 32 − 2 = 30. Confondre les deux fait perdre des points à chaque exercice de dimensionnement.
Adresse de diffusion d'un sous-réseau
Il faut mettre tous les bits de la partie hôte à 1.
sous-réseau 200.100.40.32 → 32 = 001 00000
diffusion 001 11111 = 63 → 200.100.40.63
sous-réseau 200.100.40.64 → diffusion 200.100.40.95
sous-réseau 200.100.40.96 → diffusion 200.100.40.127
…et ainsi de suite, de 32 en 32.Combien de postes par sous-réseau ?
Le nombre de postes est égal à 2ⁿ − 2, où n est le nombre de bits à 0 du masque. On retranche deux numéros réservés :
- tous les bits à zéro, qui identifient le sous-réseau lui-même ;
- tous les bits à un, qui forment l'adresse de diffusion du sous-réseau.
Avec 255.255.255.224 : 5 bits d'hôte, donc 2⁵ − 2 = 30 postes.
L'enseignement historique excluait le premier sous-réseau (tous les bits empruntés à 0) et
le dernier (tous à 1), donnant la formule 2ⁿ − 2 pour les sous-réseaux aussi. Le
CIDR et les IOS Cisco modernes les acceptent : la formule retenue aujourd'hui est
2ⁿ sous-réseaux. Si l'énoncé mentionne ip subnet-zero ou une
version d'IOS récente, comptez 2ⁿ ; s'il parle de « sous-réseaux
utilisables » dans un contexte historique, précisez votre hypothèse par écrit — c'est ce
que le correcteur attend.
07VLSM : masques de longueur variable
Le subnetting classique découpe un réseau en morceaux tous de la même taille. C'est un gâchis dès que les besoins diffèrent : donner 30 adresses à une liaison entre deux routeurs, qui n'en réclame que 2, gaspille 28 adresses. Le VLSM (Variable Length Subnet Mask) autorise des masques différents pour chaque sous-réseau.
- Trier les besoins du plus gros au plus petit. C'est l'étape que tout le monde saute et c'est celle qui évite les chevauchements.
- Isoler la puissance de 2. Chercher le 2ⁿ immédiatement supérieur ou égal au nombre d'hôtes requis + 2. Cela donne n.
- Déduire le masque. Une adresse IPv4 fait 32 bits :
CIDR = 32 − n. - Calculer le pas. Le pas — la taille du bloc — vaut exactement 2ⁿ. On l'ajoute à l'adresse réseau précédente pour trouver le début du bloc suivant.
Démonstration
Cahier des charges : découper 192.168.1.0/24 pour un
département de 28 machines.
- 2⁴ = 16 → trop petit. 2⁵ = 32 → valide, car 32 − 2 = 30 adresses utiles, ce qui couvre les 28. Donc n = 5.
- Masque CIDR = 32 − 5 = /27, soit
255.255.255.224. - Sur le dernier octet, 3 bits vont au réseau (8 − 5) et 5 restent aux machines.
- Pas = 2⁵ = 32.
Un plan d'adressage complet
Réseau de départ 192.168.1.0/24. Besoins : Commercial 50 postes,
Technique 25 postes, Direction 10 postes, liaison entre deux routeurs 2 adresses.
| Service | Besoin | Bloc 2ⁿ | Masque | Adresse réseau | Plage utilisable | Diffusion |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Commercial | 50 | 64 (2⁶) | /26 |
192.168.1.0 | .1 → .62 | .63 |
| Technique | 25 | 32 (2⁵) | /27 |
192.168.1.64 | .65 → .94 | .95 |
| Direction | 10 | 16 (2⁴) | /28 |
192.168.1.96 | .97 → .110 | .111 |
| Liaison routeurs | 2 | 4 (2²) | /30 |
192.168.1.112 | .113 → .114 | .115 |
Le reste, de 192.168.1.116 à 192.168.1.255, demeure disponible
pour les extensions futures. Avec un découpage à masque fixe en /26, les quatre services
auraient consommé la totalité du /24 sans laisser un seul bloc libre.
Le subnetting à masque fixe, c'est découper une baguette en tranches identiques : pratique, mais on jette les bouts inutilisés. Le VLSM, c'est découper selon l'appétit de chacun — une grosse part pour le service commercial, une bouchée pour la liaison entre routeurs. À la fin, il reste du pain pour les invités surprise.
Traiter les besoins dans l'ordre de l'énoncé au lieu de les trier du plus grand au plus petit produit presque toujours un chevauchement de blocs. Le correcteur le repère instantanément : deux sous-réseaux qui se recouvrent invalident tout le plan d'adressage, même si chaque calcul pris isolément est juste.
Une liaison série entre deux routeurs a besoin de 2 adresses. Quel masque
choisir, et pourquoi pas /31 ?
/30, soit 255.255.255.252. Il reste 2 bits
d'hôte : 2² − 2 = 2 adresses utilisables, exactement ce qu'il faut. Un
bloc /30 occupe 4 adresses : réseau, deux hôtes, diffusion.
Un /31 ne laisserait qu'un bit d'hôte, soit 2¹ − 2 = 0 adresse
utilisable selon la règle générale. La RFC 3021 autorise bien /31 sur les
liaisons point-à-point en supprimant les adresses réseau et diffusion, mais
ce n'est pas ce qui est attendu en BTS : répondez /30.
08Table de référence CIDR
À garder sous les yeux pendant les TP. La colonne « hôtes » donne le nombre d'adresses utilisables (2ⁿ − 2).
| Préfixe | Masque décimal | Dernier octet binaire | Pas / bloc | Hôtes utilisables |
|---|---|---|---|---|
/24 | 255.255.255.0 | 00000000 | 256 | 254 |
/25 | 255.255.255.128 | 10000000 | 128 | 126 |
/26 | 255.255.255.192 | 11000000 | 64 | 62 |
/27 | 255.255.255.224 | 11100000 | 32 | 30 |
/28 | 255.255.255.240 | 11110000 | 16 | 14 |
/29 | 255.255.255.248 | 11111000 | 8 | 6 |
/30 | 255.255.255.252 | 11111100 | 4 | 2 |
Masques sur les octets supérieurs
| Préfixe | Masque | Hôtes | Préfixe | Masque | Hôtes |
|---|---|---|---|---|---|
/8 | 255.0.0.0 | 16 777 214 | /16 | 255.255.0.0 | 65 534 |
/9 | 255.128.0.0 | 8 388 606 | /17 | 255.255.128.0 | 32 766 |
/10 | 255.192.0.0 | 4 194 302 | /18 | 255.255.192.0 | 16 382 |
/11 | 255.224.0.0 | 2 097 150 | /19 | 255.255.224.0 | 8 190 |
/12 | 255.240.0.0 | 1 048 574 | /20 | 255.255.240.0 | 4 094 |
/13 | 255.248.0.0 | 524 286 | /21 | 255.255.248.0 | 2 046 |
/14 | 255.252.0.0 | 262 142 | /22 | 255.255.252.0 | 1 022 |
/15 | 255.254.0.0 | 131 070 | /23 | 255.255.254.0 | 510 |
09La méthode d'examen
Face à n'importe quelle question d'adressage, dérouler toujours la même séquence. Elle ne rate jamais et fait gagner un temps considérable.
- Traduire le préfixe en masque.
/n→ combien d'octets pleins (255), puis quel reste dans l'octet coupé. - Repérer l'octet coupé. Celui qui n'est ni 255 ni 0 : c'est le seul où il y a un calcul à faire.
- Calculer le pas :
256 − valeur de l'octet coupé. Exemple : masque 224 → pas de 32. - Encadrer l'adresse. Descendre au multiple du pas immédiatement inférieur ou égal → c'est l'adresse réseau.
- En déduire les bornes. Diffusion = adresse réseau + pas − 1. Premier hôte = réseau + 1. Dernier hôte = diffusion − 1.
- Vérifier la cohérence. Nombre d'hôtes = 2^(32−n) − 2. Si le compte ne tombe pas rond, une erreur s'est glissée à l'étape 3.
Exemple déroulé : 10.1.8.200/26
1. /26 = 255.255.255.192 (24 bits pleins + 2 bits)
2. octet coupé : le 4ᵉ (192)
3. pas = 256 − 192 = 64
4. multiples de 64 : 0, 64, 128, 192 … 200 tombe entre 192 et 255
→ adresse réseau = 10.1.8.192
5. diffusion = 192 + 64 − 1 = 255 → 10.1.8.255
premier hôte = 10.1.8.193
dernier hôte = 10.1.8.254
6. contrôle : 2^(32−26) − 2 = 2⁶ − 2 = 62 hôtes
de .193 à .254 → 254 − 193 + 1 = 62 ✓L'astuce du 256 − masque n'a rien de magique : elle calcule le
complément à deux de l'octet du masque, c'est-à-dire la valeur du dernier bit à 1.
C'est exactement le poids du bit le moins significatif de la partie réseau — donc, par
construction, la taille d'un bloc.