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Méthodologie — exercices

Quatorze exercices sur un vrai sujet d'examen : la session 2025, « À table ! : formes et enjeux du repas ». Même corpus, mêmes questions, même barème que le jour J.

🎯

Le sujet servant de fil rouge

BTS toutes spécialités — session 2025 — code 25CULTGEN — 3 heures. Corpus de trois documents : Jules Vallès, L'Enfant, 1878 · Pascal Lardellier, Risques, rites et plaisirs alimentaires, 2013 · une photographie tirée d'un article de site, 5 octobre 2020. Trois questions (4 + 3 + 3 points) et deux sujets d'essai au choix (10 points).

⚠️ Ces corrigés sont les miens, pas ceux de l'éditeur

Une proposition de corrigé commerciale de ce sujet figure dans les sources du chapitre. Elle est protégée par le droit d'auteur et n'est pas reproduite, même partiellement. Les réponses ci-dessous ont été rédigées à partir du corpus seul.

Les deux textes, eux, ne relèvent pas du même régime. Jules Vallès est mort en 1885 : L'Enfant est dans le domaine public et peut être cité largement. Pascal Lardellier écrit en 2013 : son texte n'est cité qu'en formules de trois à six mots — ce qui est, accessoirement, exactement la longueur qu'exige la méthode.

01Le repérage

1La carte d'identité du sujet, en huit minutes Facile

Avant d'écrire une seule phrase, on répond à sept questions. Elles ne demandent aucune réflexion : seulement de regarder le sujet.

  1. Combien de documents, et de quelle nature ?
  2. Quelles dates ? Quel écart entre elles ?
  3. Combien de questions, et combien de points chacune ?
  4. Quels documents chaque question met-elle en jeu ?
  5. Quel est le thème commun aux trois documents ?
  6. Quels sont les deux sujets d'essai, et quel type de plan appellent-ils ?
  7. Lequel des deux sujets ai-je déjà des idées pour traiter ?
✅ Corrigé
#RéponseCe que ça change
1 Trois : un roman autobiographique, un essai de sociologie, une photographie de presse en ligne trois natures différentes, donc trois façons de dire — c'est déjà une piste de confrontation
2 1878 · 2013 · 2020 — 135 ans entre le premier et le deuxième tout point commun entre 1878 et 2013 est un point commun malgré un siècle et demi : c'est un argument en soi
3 Trois questions : 4 + 3 + 3 = 10 points la question 1 vaut le tiers de la partie : elle mérite le tiers du temps, pas plus
4 Q1 → documents 1 et 2 · Q2 → document 1 seul · Q3 → les trois la photographie n'apparaît qu'à la question 3 : inutile de l'analyser avant
5 Le repas partagé : ce qu'il construit, ce qu'il impose le titre du sujet le dit déjà — « formes et enjeux » : on attend une tension
6 Sujet 1 : « contribue-t-il à… ? » → question fermée → plan dialectique.
Sujet 2 : « puisse être un temps de… ? » → question ouverte → plan thématique
le type de plan se lit dans la forme de la question, avant même d'avoir des idées
7 à chacun — mais la décision se prend maintenant, provisoirement, et se confirme à 1 h 30 pendant les 80 minutes de questions, on note au brouillon tout ce qui servira au sujet pressenti

Le point 4 est celui qu'on saute et qu'il ne faut pas sauter. Chaque question précise ses documents. Répondre à la question 2 en convoquant Lardellier, c'est répondre à côté — même brillamment.

2Remplir le tableau de confrontation Moyen

Au brouillon, format paysage, une colonne par document. Remplir les cinq lignes, puis repérer ce qui converge et ce qui diverge.

la grille à recopier
                 │ DOC 1 — Vallès     │ DOC 2 — Lardellier │ DOC 3 — photo
─────────────────┼────────────────────┼────────────────────┼──────────────
nature, date     │                    │                    │
idée 1           │                    │                    │
idée 2           │                    │                    │
idée 3           │                    │                    │
ton, intention   │                    │                    │
✅ Le tableau rempli
Doc 1 — Vallès, 1878Doc 2 — Lardellier, 2013 Doc 3 — photographie, 2020
Nature roman autobiographique, récit à la première personne essai de sociologie photographie d'illustration, dans un article de site de bien-être
Idée 1 les repas rythment l'enfance et s'inscrivent dans le corps : sept ans de nausée (l. 2-3) la table est le lieu où s'écrit la mémoire familiale trois générations à la même table : la scène de la famille réunie
Idée 2 la mère fait du repas une leçon de volonté (l. 13-14) nourrir, c'est « aimer mais aussi contraindre, éduquer » plats au centre, assiettes autour : le partage est mis en scène
Idée 3 le menu dit la pauvreté : le gigot s'achète « au commencement du mois » (l. 55) « manger, c'est dire qui on est » : la table assigne des rôles tous rient et se parlent, personne ne regarde l'objectif ni un écran
Ton, intention ironique et amer ; l'adulte rejoue la voix de sa mère pour en montrer l'injustice analytique et distancié ; décrit un rite sans le juger prescriptif : l'image illustre un article qui recommande les repas réguliers

Ce qui converge

  • Les trois documents font du repas le moment central de la vie familiale — aucun ne le traite comme un simple acte alimentaire.
  • Les trois y voient un apprentissage : de la volonté chez Vallès, des codes sociaux chez Lardellier, du vivre-ensemble dans la photographie.

Ce qui diverge

  • Le climat. Communion et rire chez Lardellier et dans la photographie ; contrainte et dégoût chez Vallès.
  • La place de l'enfant. Sujet observateur qui « assiste aux discussions des grands » chez Lardellier, enfant qui se sert lui-même dans la photographie — pur objet d'un dressage chez Vallès.
  • Le statut des documents. Un témoignage, une analyse, une image de promotion. La troisième ne décrit pas un repas : elle en propose un modèle.

Le seul document qui tient les deux bouts est le document 2 : Lardellier dit la communion et la domination, et prévient lui-même que la communion « adviendra, ou pas ». C'est pour cela qu'il sert de pivot à presque toutes les réponses.

02Question 1 — les liens (4 points)

📐 L'énoncé exact

Documents 1 et 2 — 4 points. « Quels liens établissez-vous entre les textes 1 et 2 ? »

C'est la question de confrontation type. Elle vaut 4 points sur 10, soit le plus gros morceau de la partie : compter environ 35 minutes, et trois à quatre liens développés.

3Trouver les liens avant de rédiger Moyen

À partir du tableau de l'exercice 2, formuler quatre liens. Un lien se formule en une phrase, et cette phrase doit valoir pour les deux textes. Si elle ne vaut que pour l'un, ce n'est pas un lien : c'est une idée.

Test de contrôle : reformuler chaque lien sous la forme « les deux textes …, mais … ». Si le « mais » ne vient pas, le lien est trop plat.

✅ Les quatre liens, avec leur nuance
LienChez VallèsChez Lardellier La nuance — le « mais »
1. La table est la scène où s'écrit la mémoire familiale le récit d'enfance est organisé par un calendrier de repas : hachis le mardi et le vendredi (l. 2), gigot du dimanche au samedi (l. 38-53) la vie familiale se raconte par des souvenirs qui ont eu la table « pour contexte et pour scène » chez le sociologue ces souvenirs sont « si chers » ; chez Vallès ils restent une nausée qui a duré sept ans (l. 2-3)
2. Le repas éduque la mère tient bon cinq ans et en tire une morale : « la volonté est la grande maîtresse » (l. 14) nourrir, c'est « aimer mais aussi contraindre, éduquer » ; la table « initie » Lardellier décrit un apprentissage diffus, par imprégnation ; Vallès montre un dressage explicite, et qui se réclame de lui-même
3. Nourrir, c'est exercer un pouvoir on impose ce qu'il déteste et on interdit ce qu'il aime — « Parce que tu les aimes » (l. 26) — pour qu'il n'ait pas « de passions » (l. 27) la table redistribue les rôles : qui parle, qui sert, qui dessert ; donner et partager, « mais aussi dominer » la répartition des rôles est chez l'un une mécanique sociale ordinaire, chez l'autre une hiérarchie sans appel
4. Manger, c'est dire d'où l'on vient le dégoût est immédiatement lu comme une faute de classe — « Comme un riche ! » (l. 5) — et l'enfant intériorise : « je ne sais pas si les pauvres ont le droit d'avoir un cœur » (l. 8-9) « manger, c'est dire qui on est » ; l'enfant y assimile les signes qui fonderont son « identité sociale » Lardellier parle d'identité, Vallès de condition : le menu de la famille suit la paie du père (l. 55-56)
💡 Le lien qu'on ne voit qu'à la deuxième lecture

Lardellier écrit lui-même que la communion « adviendra, ou pas », et que « la mayonnaise » ne prend pas toujours. Le texte de 1878 est précisément le cas où elle ne prend pas.

Dire cela, c'est passer du lien à l'interprétation : le roman n'illustre pas le sociologue, il occupe la réserve que le sociologue a lui-même ménagée. C'est le genre de phrase qui fait basculer une copie de 2,5 à 3,5 sur 4.

4Rédiger la réponse Exigeant

Rédiger la réponse complète : présentation concise des documents, reprise problématisée de la question, trois ou quatre liens développés et étayés, déduction brève. Aucun avis personnel.

✅ Réponse rédigée
question 1 — proposition de rédaction
Le document 1 est un extrait de L'Enfant, roman autobiographique de
Jules Vallès paru en 1878, où le narrateur adulte revient sur les repas
de son enfance pauvre. Le document 2 est extrait de Risques, rites et
plaisirs alimentaires, essai que le sociologue Pascal Lardellier
consacre en 2013 à la table domestique. Un récit intime et une analyse
savante, séparés par cent trente-cinq ans : la question est de savoir
ce que le second permet de lire dans le premier.

Les deux textes font d'abord de la table le lieu où se fabrique la
mémoire d'une famille. Lardellier observe que les souvenirs familiaux
ont eu la table « pour contexte et pour scène ». Le récit de Vallès en
est la démonstration involontaire : son enfance s'y raconte selon un
calendrier de repas, le hachis aux oignons « tous les mardis et
vendredis » (l. 2), le gigot décliné du dimanche au samedi (l. 38-53).
Mais là où le sociologue évoque des souvenirs « si chers », le
narrateur garde une mémoire physique du dégoût : « pendant sept ans je
n'ai pas pu manger de hachis aux oignons sans être malade » (l. 2-3).

Les deux textes voient ensuite dans le repas un temps d'éducation.
Pour Lardellier, nourrir, c'est « aimer mais aussi contraindre,
éduquer », et la table « initie ». Vallès en donne une version
littérale : sa mère tient cinq ans et tire de l'épreuve une leçon
qu'elle formule elle-même, « la volonté est la grande maîtresse »
(l. 14), puis qu'elle rappelle à chaque difficulté de la vie
adulte, « Jacques, souviens-toi du hachis aux oignons » (l. 18).
L'apprentissage que le sociologue décrit comme diffus devient ici un
programme assumé.

Cette éducation, l'un et l'autre la relient à un rapport de force.
Lardellier écrit que manger et nourrir, c'est « donner et partager
mais aussi dominer », et rappelle que la table distribue les rôles :
qui parle, qui sert, qui dessert. Chez Vallès, la distribution ne se
négocie pas : on lui impose ce qu'il déteste et on lui retire ce qu'il
aime, « Parce que tu les aimes » (l. 26), une mère « qui ne voulait pas
que son fils eût de passions » (l. 26-27). L'enfant apprend surtout à
ne plus dire ce qu'il préfère : « Il était dangereux de s'engager »
(l. 32).

Les deux textes, enfin, font du repas un révélateur d'appartenance.
« Manger, c'est toujours plus que manger, c'est dire qui on est »,
résume Lardellier, pour qui l'enfant assimile à table les signes de son
« identité sociale ». Vallès montre ce mécanisme à l'œuvre : son dégoût
est aussitôt requalifié en faute de classe, « Comme un riche ! » (l. 5),
au point qu'il finit par douter que « les pauvres [aient] le droit
d'avoir un cœur » (l. 8-9). Le menu lui-même énonce la condition de la
famille, puisque le gigot ne s'achète qu'« au commencement du mois,
quand [le] père touchait ses appointements » (l. 55-56).

Ainsi, le texte de 2013 fournit les catégories — mémoire, éducation,
domination, identité — qui organisent le récit de 1878. Mais la
relation s'inverse aussi : Lardellier prévient que la commensalité
ouvre sur une communion qui « adviendra, ou pas », et Vallès occupe
exactement cette réserve. Le roman ne vient pas illustrer l'essai, il
en documente le cas défavorable.
🧰 Ce que fait cette réponse, et qu'il faut refaire
  • Un paragraphe = un lien, annoncé par sa première phrase. Le correcteur sait dès la première ligne ce qu'il va lire.
  • Chaque paragraphe cite les deux textes, jamais un seul. C'est la marque matérielle de la confrontation.
  • Chaque paragraphe se termine par la nuance — le « mais ». C'est là que se logent les points.
  • Les citations font trois à huit mots et portent leur numéro de ligne.
  • La déduction finale ne résume pas : elle dit ce que la confrontation a produit de neuf.

Et pas une fois « je pense », « à mon avis », « personnellement ». La seule marque de première personne acceptable est celle de la question elle-même — « quels liens établissez-vous » — et elle ne se reprend même pas.

03Question 2 — le regard (3 points)

📐 L'énoncé exact

Document 1 — 3 points. « Quel regard porte le narrateur adulte sur les repas de son enfance ? »

Deux mots portent tout l'énoncé. « Narrateur », pas « auteur » : on analyse une voix, pas une biographie. « Adulte » : on demande l'écart entre celui qui a subi et celui qui raconte. Une copie qui résume l'enfance de Jacques n'a pas répondu.

5Trois regards en un seul Moyen

Le regard du narrateur n'est pas d'un seul bloc. Identifier trois attitudes distinctes, et pour chacune, deux marques dans le texte.

Indice : chercher les endroits où le narrateur ne parle pas en son nom.

✅ Corrigé
Le regardLes marquesCe qu'il révèle
Un regard qui n'a pas guéri le texte s'ouvre sur une malédiction, « Je maudis l'oignon… » (l. 1), au présent alors que tout le reste est au passé ; le dégoût reste un fait du corps, « l'odeur de l'oignon me soulevait le cœur » (l. 7) le souvenir n'est pas apaisé par le temps : l'adulte parle encore depuis la nausée de l'enfant
Un regard ironique, qui emprunte la voix de l'autre le narrateur se met à parler comme sa mère et se prend lui-même à partie : « Espèce de petit orgueilleux » (l. 5), « Jacques, tu mens ! » (l. 34), « C'est ta mère — comme le pélican blanc ! » (l. 44) ; et l'hyperbole comique prend le relais, « J'ai un mouton qui bêle dans l'estomac » (l. 48-49) en poussant le discours maternel jusqu'à l'absurde — huit repas de gigot d'affilée — il en montre l'injustice sans jamais accuser
Un regard amer, qui refuse la morale qu'on lui a tirée la mère conclut que « la volonté est la grande maîtresse » (l. 14) ; le narrateur, lui, clôt l'épisode d'une phrase de cinq mots : « Et je me souvenais trop » (l. 20) la leçon a été retenue — mais comme une blessure, pas comme un bienfait. Le « trop » retourne la morale contre celle qui l'énonce
💡 Le quatrième regard, celui qui rapporte le point

Derrière l'ironie, l'adulte comprend ce que l'enfant ne faisait que subir. Le gigot acheté « au commencement du mois, quand mon père touchait ses appointements » (l. 55-56), décliné « en salade, à la sauce, en hachis, en boulettes » (l. 57-58) pour « masquer cette lugubre monotonie » (l. 58), n'est plus une punition : c'est le budget d'une famille pauvre.

Le regard est donc à la fois blessé et lucide. C'est cette double nature qu'il faut nommer — et c'est exactement ce que le mot « nuancé » de la consigne officielle réclame.

question 2 — les deux phrases qui ouvrent et ferment la réponse
OUVERTURE
   Dans cet extrait de L'Enfant (1878), Jules Vallès confie le récit à
   un narrateur adulte qui revient sur les repas de son enfance. Le
   regard qu'il porte n'est ni celui de la nostalgie ni celui du
   règlement de comptes : il est ironique, et cette ironie protège une
   rancune intacte.

CLÔTURE
   Le narrateur ne condamne donc jamais directement sa mère : il lui
   emprunte sa voix et la laisse se condamner seule. C'est un regard
   d'adulte sur une souffrance d'enfant, assez distant pour en rire et
   trop proche pour l'avoir oubliée.

04Question 3 — le titre (3 points)

📐 L'énoncé exact

Documents 1, 2 et 3 — 3 points. « Vous donnerez un titre qui illustre les trois documents du corpus en justifiant précisément votre choix. »

« Précisément » est le mot noté. Le titre lui-même vaut peu ; c'est la justification, document par document, qui rapporte les points.

6Juger cinq titres Facile

Cinq titres sont proposés. Pour chacun, dire s'il fonctionne et pourquoi. Rappel de la recette : un thème + un enjeu + une tension.

  1. « Le repas de famille »
  2. « Les bienfaits du repas partagé »
  3. « À table, on n'apprend pas que les bonnes manières »
  4. « Manger ensemble à travers les siècles »
  5. « La table, entre communion et contrainte »
✅ Corrigé
TitreVerdictPourquoi
1. « Le repas de famille »✗ c'est le thème, pas une lecture. Il conviendrait à n'importe quel corpus sur le sujet — donc il ne dit rien de celui-ci.
2. « Les bienfaits du repas partagé »✗ trop tranché, et faux pour un tiers du corpus : il efface Vallès entièrement, et la moitié de Lardellier.
3. « À table, on n'apprend pas que les bonnes manières »✔ thème (la table), enjeu (apprendre), tension (le pas que, qui annonce que la leçon déborde ce qu'on croyait enseigner). Il couvre les trois documents.
4. « Manger ensemble à travers les siècles »✗ il n'annonce qu'un écart de dates. Un titre n'est pas une notice bibliographique : il doit porter une idée.
5. « La table, entre communion et contrainte »✔ thème, et une tension explicite en deux mots. Un peu plus attendu que le 3, mais parfaitement défendable.

Deux titres justes sur cinq, et ils partagent la même propriété : on peut les contredire. Un titre qu'aucun document du corpus ne pourrait démentir est un titre vide.

7Justifier le titre, document par document Exigeant

Rédiger la réponse complète autour du titre « À table, on n'apprend pas que les bonnes manières ». Trois paragraphes courts, un par document, et une phrase de clôture.

Attention au document 3. C'est une photographie d'illustration qui accompagne un article de site de bien-être : sa nature fait partie de l'analyse.

✅ Réponse rédigée
question 3 — proposition de rédaction
Le titre que je propose pour ce corpus est : « À table, on n'apprend
pas que les bonnes manières ». Il retient le lieu commun aux trois
documents, la table ; l'enjeu qu'ils partagent, l'apprentissage ; et la
tension qui les sépare, puisque ce qui s'apprend à table dépasse
toujours ce qu'on avait prévu d'y enseigner.

Le document 1 en donne la version la plus dure. La mère de Jacques
croit enseigner la persévérance et le dit sans détour : « la volonté
est la grande maîtresse » (l. 14). Mais l'enfant apprend tout autre
chose — que son goût est une faute de riche (l. 5), qu'avouer une
préférence est dangereux, « Il était dangereux de s'engager » (l. 32),
et que le souvenir de la leçon durera plus longtemps que la leçon
elle-même, « Et je me souvenais trop » (l. 20).

Le document 2 fournit le concept de ce que le document 1 raconte.
Pascal Lardellier décrit la table domestique comme un « lieu de
socialisation incontournable », où l'enfant repère les signes de son
« identité sociale » en assistant simplement aux conversations des
adultes. Il précise que nourrir, c'est « aimer mais aussi contraindre,
éduquer » : l'apprentissage et la contrainte y sont les deux faces
d'un même geste, exactement ce que le « pas que » du titre annonce.

Le document 3 semble d'abord contredire le titre, et c'est pourquoi il
le confirme. La photographie montre trois générations attablées, riant
ensemble, les plats disposés au centre et chacun se servant : l'image
même de la transmission réussie. Mais elle illustre un article
intitulé « Pourquoi est-il important de se réunir autour de repas
réguliers ? », publié sur un site de bien-être. Elle ne décrit donc pas
un repas observé, elle recommande un modèle. Ce qu'elle apprend est
moins visible que ce qu'elle montre : que le repas partagé est devenu,
en 2020, quelque chose qu'il faut désormais conseiller.

Le corpus suit ainsi une même idée à trois régimes différents : vécue
en 1878, analysée en 2013, prescrite en 2020. Dans les trois cas, la
table enseigne — mais jamais exactement la leçon prévue.
⚠️ L'erreur classique sur le document iconographique

Décrire la photographie n'est pas l'analyser. « On voit une famille qui mange en souriant » ne vaut aucun point : le correcteur a la même image sous les yeux.

Ce qui se note, c'est ce que l'image fait : d'où elle vient, à quoi elle sert, ce qu'elle choisit de montrer et ce qu'elle écarte. Ici, aucun écran sur la table, aucun visage tourné vers l'objectif, aucune tension — une image de banque d'images au service d'un conseil.

Le cours le dit : le document iconographique n'apporte presque jamais d'idée nouvelle. Il confirme, il illustre, il nuance. Le traiter comme un troisième texte fait perdre du temps ; le traiter comme un écho des deux premiers fait gagner des points.

05L'essai (10 points)

📐 Les deux sujets, au choix
  • Sujet 1 : « Selon vous, prendre son repas ensemble contribue-t-il à renforcer les liens familiaux ? »
  • Sujet 2 : « Considérez-vous que le repas familial puisse être un temps d'apprentissage ? »

Dans les deux cas, la même consigne : « Vous traiterez le sujet de façon personnelle et argumentée en vous appuyant notamment sur vos lectures, sur le travail de l'année, sur le corpus et sur votre culture personnelle. » Quatre sources sont nommées : une copie qui n'en mobilise qu'une s'est privée des trois autres.

8Choisir en cinq minutes Facile

Il est 11 h 30. La partie 1 est rédigée. Trois critères, dans cet ordre, pour trancher entre les deux sujets — et un quatrième qui ne doit jamais entrer en ligne de compte.

✅ Corrigé
  1. De quel sujet ai-je déjà des exemples ? Pas des idées : des exemples. Une idée sans exemple ne fait pas un paragraphe. Compter rapidement — s'il y en a moins de quatre, le sujet est un piège.
  2. Est-ce que je sais faire le plan qu'il appelle ? Le sujet 1 est une question fermée : il exige un plan dialectique, donc de défendre une thèse puis de la retourner. Le sujet 2 est ouvert : trois ou quatre paragraphes juxtaposés suffisent.
  3. Est-ce que j'ai un contre-argument solide ? Décisif pour le sujet 1 seulement. Sans deuxième partie, un plan dialectique n'existe pas.
⚠️ Le critère qu'il ne faut pas suivre

« Ce sujet est plus facile. » Il ne l'est pas : il est plus évident, ce qui n'est pas la même chose. Le sujet 1 paraît plus simple parce que la réponse spontanée est « oui » — et c'est précisément pourquoi il est plus difficile : il faut ensuite trouver un « non » qui tienne debout.

En temps limité, le sujet 2 est le pari raisonnable pour la plupart des candidats : le plan thématique se complète, alors qu'un plan dialectique amputé de sa seconde partie ne veut plus rien dire. Une fois le choix fait, on ne revient pas dessus : changer d'avis à 12 h 15 coûte l'essai.

9Bâtir les deux plans Exigeant

En vingt minutes, au brouillon, produire le plan des deux sujets. Pour chaque partie : l'argument, un exemple du corpus, un exemple extérieur.

✅ Sujet 1 — plan dialectique
plan — « prendre son repas ensemble renforce-t-il les liens familiaux ? »
PROBLÉMATIQUE
   Le repas partagé fabrique-t-il du lien familial, ou se contente-t-il
   de rendre visible celui qui existe déjà ?

I. OUI — le repas commun est le principal atelier du lien familial
   1. C'est le seul rendez-vous que la famille tienne tous les jours.
      Lardellier le demande lui-même : quelle autre activité réunit
      les membres d'une famille avec autant de constance ?
      → le lien se fabrique par la répétition, non par l'exception.
      Ext. : Marcel Pagnol, La Gloire de mon père — les repas
      structurent le souvenir d'enfance heureux.
   2. C'est là que se construit une mémoire commune.
      Corpus : doc 3, trois générations à la même table.
      Ext. : Proust, la madeleine — le goût comme porte du souvenir.
   3. C'est un lieu de parole où l'on se dit ce qu'on ne dirait pas
      ailleurs. Lardellier : « à table, la famille parle et se livre ».
      Ext. : Un air de famille, Cédric Klapisch (1996) — un dîner
      d'anniversaire où tout finit par sortir.

   TRANSITION — Encore faut-il que ce moment soit choisi. Or il est
   le plus souvent imposé.

II. MAIS le repas peut défaire le lien qu'il prétend créer
   1. La contrainte fabrique du rejet, pas de l'attachement.
      Corpus : Vallès. Cinq ans de hachis imposé, et un souvenir
      encore intact des décennies plus tard (l. 20).
   2. La table est un lieu de pouvoir. Lardellier : nourrir, c'est
      aussi « dominer ». Qui sert, qui dessert, qui a la parole.
   3. Le repas obligatoire est le théâtre idéal de la crise.
      Ext. : Festen, Thomas Vinterberg (1998) — cité par le doc 2
      lui-même : un dîner de famille où la vérité éclate.
   4. Personnel : téléphones et horaires décalés ont fait du repas
      une simple cohabitation. Être à la même table n'est pas être
      ensemble — et la photo du doc 3, image de conseil et non de
      constat, le prouve à sa manière.

III. DÉPASSEMENT — ce n'est pas le repas qui crée le lien, c'est ce
     qu'on y fait
   Le repas est un cadre : il amplifie ce qui existe déjà, dans un
   sens comme dans l'autre. Deux questions décident : la parole
   circule-t-elle ? le rite est-il choisi ou subi ?
   Chez Vallès, on parle beaucoup — mais une seule personne parle.

CONCLUSION + OUVERTURE
   Réponse : oui, à condition que le repas soit un temps de parole
   partagée et non un temps d'autorité.
   Ouverture : si la table a remplacé l'âtre, comme le note
   Lardellier, qu'est-ce qui est en train de remplacer la table ?
✅ Sujet 2 — plan thématique
plan — « le repas familial peut-il être un temps d'apprentissage ? »
PROBLÉMATIQUE
   Que transmet un moment que personne ne présente comme une leçon ?

I. On y apprend les codes — du corps, de la table, du groupe
   Tenir sa place, attendre son tour, servir avant de se servir.
   Corpus : Lardellier — l'enfant y repère les signes qui fonderont
   son « identité sociale », simplement en étant là.
   Apprentissage invisible parce que quotidien : on ne l'appelle pas
   « cours », on l'appelle « manger ».

II. On y apprend une culture, par le goût
   Les plats d'une famille sont ceux d'une région, d'une religion,
   d'une histoire, parfois d'une migration. La recette transmise est
   un document.
   Ext. : le « repas gastronomique des Français » a été inscrit en
   2010 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO — non pour ses
   recettes, mais pour la manière de le tenir.

III. On y apprend à parler, à écouter et à se taire
   Corpus : Lardellier — l'enfant est le « témoin privilégié » des
   relations des adultes ; il assiste aux discussions des grands.
   Il apprend par observation longtemps avant d'apprendre par la
   parole : c'est un apprentissage de spectateur.

IV. Mais on y apprend aussi ce qu'on ne voulait pas y enseigner
   Corpus : Vallès. La mère croit transmettre la volonté (l. 13-14) ;
   l'enfant retient une injustice (l. 20) et une prudence — ne plus
   dire ce qu'il aime (l. 32).
   → L'apprentissage à table est réel, mais son contenu échappe à
   celui qui le dispense.

CONCLUSION + OUVERTURE
   Réponse : oui, et précisément parce que ce temps n'a pas l'air
   d'en être un — ce qui le rend aussi impossible à contrôler.
   Ouverture : que devient cet apprentissage quand le repas se prend
   seul, devant un écran ?
🔧 Corrigé — orthographe d'un nom propre dans le sujet officiel

La note de bas de page 3 du sujet 25CULTGEN présente Festen comme un film « du réalisateur Thomas Vintenberg ». Le réalisateur danois s'écrit Thomas Vinterberg — Vinter, « l'hiver » en danois.

Sans conséquence sur la note : personne n'est sanctionné pour avoir recopié une coquille de l'énoncé. Mais si le nom sert de référence dans l'essai, autant l'écrire juste. Le film, lui, est bien de 1998, comme l'indique la note.

Quatre parties, pas trois. Le plan thématique autorise trois à quatre paragraphes, et la quatrième partie porte ici toute la nuance. Si le temps manque, c'est la deuxième qu'on sacrifie — jamais la dernière.

10Rédiger l'introduction Moyen

Écrire l'introduction du sujet 2, en trois temps : accroche · citation du sujet et reformulation problématisée · annonce du plan. Environ dix lignes.

Interdits : commencer par « De tout temps, les hommes… », par une définition de dictionnaire, ou par « Dans ce sujet, nous allons parler de… ».

✅ Proposition
introduction — sujet 2
En 2010, l'UNESCO a inscrit le repas gastronomique des Français au
patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Ce qui a été distingué
n'est pourtant aucune recette : c'est une manière de faire — l'ordre
des plats, la table dressée, la conversation qui l'accompagne.
Autrement dit, ce qu'un repas transmet.                        ACCROCHE

Le sujet nous demande si l'on peut « considérer que le repas familial
puisse être un temps d'apprentissage ». La formule a de quoi
surprendre : rien, dans un dîner ordinaire, ne ressemble à une leçon,
et personne autour de la table ne se dit professeur. Faut-il alors
admettre qu'un moment que rien ne désigne comme un enseignement
enseigne pourtant quelque chose — et dans ce cas, quoi, et à qui ?
                                    CITATION + PROBLÉMATISATION

Nous verrons d'abord que la table transmet des codes, puis qu'elle
transmet une culture par le goût, ensuite qu'elle apprend à prendre
et à céder la parole, avant de constater que ce qui s'y apprend n'est
jamais tout à fait ce qu'on avait voulu y enseigner.        ANNONCE
🧰 Les trois gestes de cette introduction
  • L'accroche est un fait daté, pas une généralité. Elle arrive au sujet en trois phrases, sans détour.
  • Le sujet est cité entre guillemets, mot pour mot. Le correcteur vérifie ce point : une reformulation approximative du sujet est déjà un hors-sujet en germe.
  • La problématique est une vraie question, avec un point d'interrogation, et elle ajoute quelque chose au sujet — ici « et à qui ? », qui ouvre la quatrième partie.

L'annonce du plan emploie quatre repères temporels — d'abord, puis, ensuite, avant de — et pas un seul « dans une première partie nous verrons que ». C'est la même idée, en deux fois moins de mots.

11Écrire les transitions Moyen

Une transition ferme ce qui précède et ouvre ce qui suit, en une ou deux phrases. Écrire les trois transitions du plan thématique (sujet 2), puis celle du plan dialectique (sujet 1).

✅ Propositions
sujet 2, plan thématique — les trois charnières
I → II
   La table enseigne donc d'abord une façon de se tenir. Mais ces
   gestes ne sont jamais neutres : ils portent avec eux toute une
   culture, que le goût transmet plus sûrement que les mots.

II → III
   Si l'on hérite ainsi d'une cuisine, on hérite aussi d'une manière
   de parler. Car autour de la table, l'enfant n'apprend pas
   seulement ce qu'il mange : il apprend quand il peut se taire.

III → IV
   Cet apprentissage par observation a pourtant une limite, et elle
   est de taille : celui qui enseigne ne maîtrise pas ce qui
   s'apprend.
transition — sujet 1, plan dialectique
I → II
   Le repas partagé apparaît donc comme le principal atelier du lien
   familial : il réunit, il fait mémoire, il fait parler. Encore
   faut-il que ce moment soit choisi. Or il est, le plus souvent,
   imposé — et ce qu'on impose, on l'apprend rarement à aimer.
⚠️ Ce qui n'est pas une transition
  • « Nous allons maintenant voir que… » — annonce le paragraphe suivant sans fermer le précédent. Il manque la moitié du geste.
  • « Deuxièmement… » — c'est un numéro, pas une pensée. L'essai devient une liste.
  • « D'autre part, il faut aussi dire que… » — le lien logique n'est pas dit. Aussi n'explique pas pourquoi maintenant.

Le test : une transition réussie contient un mot repris du paragraphe qui s'achève et un mot du paragraphe qui s'ouvre. Dans « I → II » du sujet 1 : lien familial ferme, imposé ouvre. Si aucun des deux n'apparaît, la phrase est une cheville.

06Les connecteurs

12Le bon connecteur, et lui seul Moyen

Compléter avec en effet, en fait, or, certes, ainsi ou toutefois. Chaque connecteur ne sert qu'une fois.

à compléter
a. Le repas rassemble la famille. ……… , il est le seul rendez-vous
   qu'elle tienne chaque jour.

b. On imagine volontiers le dîner familial comme un moment de
   détente. ……… , il est souvent le seul créneau où les conflits de
   la journée peuvent enfin se dire.

c. ……… le repas partagé crée du lien. Mais il peut aussi le défaire.

d. Lardellier décrit la table comme un lieu de communion. ……… il
   précise lui-même que cette communion « adviendra, ou pas ».

e. La mère de Jacques impose l'oignon et interdit le poireau. ………
   l'enfant apprend, non la volonté, mais la prudence.

f. Le repas familial transmet une culture. ……… , cette transmission
   suppose qu'il reste un temps partagé.
✅ Correction
RéponsePourquoi celui-là
aEn effet la phrase qui suit justifie celle qui précède : c'est la définition même d'en effet.
bEn fait la phrase corrige l'idée reçue qu'on vient d'énoncer. En effet l'aurait au contraire confirmée — et aurait inversé le sens du paragraphe.
cCertes le « mais » de la phrase suivante le réclame. Certes sans mais n'est pas une concession : c'est un abandon.
dOr un fait vient contrarier ce qu'on vient de dire et prépare une autre conclusion. C'est le connecteur du raisonnement, et non de la simple liaison.
eAinsi on tire la conséquence de ce qui précède, et l'on ferme le paragraphe.
fToutefois on restreint la portée de l'affirmation sans la renverser — plus faible qu'une opposition, plus net qu'une nuance.

Les deux confusions qui coûtent le plus : en effet / en fait, qui inversent le sens du paragraphe ; et or employé pour donc, qui transforme un raisonnement en énumération.

13Dégraisser un paragraphe Moyen

Ce paragraphe empile les connecteurs. En supprimer ou en remplacer jusqu'à n'en garder que deux, sans rien perdre du raisonnement.

paragraphe à corriger
Tout d'abord, le repas est un moment de partage. De plus, il permet
à la famille de se réunir. En outre, chacun peut y prendre la parole.
Par ailleurs, les enfants y écoutent les adultes. Ainsi, ils
apprennent beaucoup de choses. Donc, le repas est un apprentissage.
Par conséquent, on peut dire qu'il est très important.
✅ Correction
version corrigée — deux connecteurs
Le repas réunit la famille chaque jour et lui donne un espace de
parole où chacun, à son tour, peut se faire entendre. Les enfants y
écoutent surtout : ils assistent aux conversations des adultes bien
avant d'y prendre part, et c'est de cette position de témoin qu'ils
apprennent le plus. Ainsi le dîner enseigne-t-il sans jamais se
présenter comme une leçon.
Ce qui a disparuPourquoi
Tout d'abord, De plus, En outre, Par ailleurs quatre connecteurs d'addition à la suite : ils annoncent une liste, pas un raisonnement. La coordination et la ponctuation suffisent à enchaîner.
Donc et Par conséquent deux conclusions pour une seule idée. La seconde ne conclut rien de neuf : elle répète la première en plus vague.
« apprennent beaucoup de choses » et « très important » ce ne sont pas des connecteurs, mais ils disparaissent avec eux : une phrase qui n'a plus de connecteur pour la porter doit dire quoi.

Sept connecteurs pour sept phrases : c'est le signe qu'aucune phrase ne découle de la précédente. Un connecteur par paragraphe, deux au maximum. Les autres liens s'écrivent dans les phrases elles-mêmes.

07Chasse aux erreurs

14Sept extraits de copie à corriger Exigeant

Sept extraits d'une copie fictive portant sur ce sujet. Pour chacun : nommer l'erreur, dire à quelle partie de l'épreuve elle appartient, et proposer une correction.

copie à corriger
a. « Dans le document 1, Jules Vallès nous raconte son enfance. Dans
    le document 2, Pascal Lardellier explique que la table est
    importante. On voit donc que les deux documents parlent du
    repas. »                                          [partie 1, Q1]

b. « Personnellement, je trouve que la mère de Jacques est cruelle
    et qu'elle n'aurait pas dû le forcer à manger. »   [partie 1, Q2]

c. « Comme le dit le texte : "Tous les mardis et vendredis, on mange
    du hachis aux oignons, et pendant sept ans je n'ai pas pu manger
    de hachis aux oignons sans être malade. J'ai le dégoût de ce
    légume." »                                         [partie 1, Q2]

d. « Le document 3 montre une famille qui mange en souriant autour
    d'une table. Il y a des grands-parents, des parents et des
    enfants. »                                         [partie 1, Q3]

e. « En effet, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le repas
    n'est pas toujours un moment heureux. »              [partie 2]

f. « Certes, le repas rassemble la famille. Le document 3 montre
    d'ailleurs plusieurs générations qui rient autour d'une
    table. »                                            [partie 2]

g. « Pour conclure, nous avons vu que le repas rassemble la famille.
    Et qu'en sera-t-il demain ? »                       [partie 2]
✅ Correction
L'erreurLa correction
a Juxtaposition au lieu de confrontation — le plan est « document 1, puis document 2 ». Trois fautes en plus : nous raconte (registre oral, et le narrateur n'est pas l'auteur), « la table est importante » (aucune idée : on pourrait l'écrire sans avoir lu), et une conclusion qui répète l'énoncé. organiser par idée : « Les deux textes font de la table le lieu où s'écrit la mémoire familiale. Lardellier observe que… ; le récit de Vallès en est la démonstration… » Chaque paragraphe cite les deux textes.
b Avis personnel en partie 1 — explicitement interdit par la consigne. Et un jugement moral, là où la question portait sur le regard du narrateur. attribuer le jugement au texte, pas à soi : « Le narrateur ne condamne jamais sa mère directement : il lui emprunte sa voix et la laisse se juger seule. »
c Citation longue, non située, non commentée — trente-trois mots recopiés, sans numéro de ligne, et qui ne prouvent rien puisque rien n'en est dit. trois à six mots, une ligne, un commentaire : « Le dégoût est décrit comme un fait du corps, qui a duré « sept ans » (l. 2) : le souvenir n'est pas une idée, c'est une nausée. »
d Description au lieu d'analyse — le correcteur a la même image sous les yeux. Rien n'est dit de la source, ni de ce que l'image sert à faire. dire ce que l'image fait : « Cette photographie illustre un article intitulé « Pourquoi est-il important de se réunir autour de repas réguliers ? » : elle ne décrit pas un repas, elle en recommande un modèle. »
e en effet employé pour en fait — la phrase corrige une idée reçue, elle ne justifie rien. Le connecteur dit l'inverse de ce que fait la phrase. « En fait, contrairement à ce que l'on pourrait croire… » — ou Or, si la phrase précède une conclusion nouvelle.
f certes sans « mais » — la concession n'est jamais refermée. Le lecteur attend l'objection, qui ne vient pas : la copie a concédé pour rien. ajouter l'opposition : « Certes, le repas rassemble la famille… Mais cette réunion est le plus souvent imposée, et l'on apprend rarement à aimer ce qu'on subit. »
g Ouverture vague, et une conclusion qui ne répond pas à la problématique : elle résume une partie sur deux et s'arrête. « Et qu'en sera-t-il demain ? » n'ouvre rien. répondre d'abord — « Le repas renforce donc les liens familiaux à condition d'être un temps de parole partagée et non d'autorité. » — puis ouvrir précisément, ou ne pas ouvrir du tout.
💡 Quatre de ces sept erreurs sont des erreurs de méthode

Les extraits a, b, c et d ne contiennent pas une seule faute de français. Ils sont corrects grammaticalement, et ils perdent l'essentiel des points.

C'est la leçon principale du chapitre : à ce niveau, on ne perd presque jamais sur la langue. On perd sur le geste — juxtaposer au lieu de confronter, décrire au lieu d'analyser, donner son avis au mauvais endroit.

⚡ Récap 2 minutes

  • Sept questions de repérage avant d'écrire — dont celle qu'on saute : quels documents chaque question met-elle en jeu ?
  • Le type de plan se lit dans la forme de la question. Question fermée → dialectique. Question ouverte → thématique.
  • Un lien se formule en une phrase qui vaut pour les deux textes. Sinon ce n'est pas un lien, c'est une idée.
  • Chaque paragraphe de confrontation cite les deux documents et se termine par son « mais ».
  • « Narrateur » ≠ « auteur ». Analyser une voix, pas une biographie.
  • Un titre qu'aucun document ne pourrait démentir est un titre vide.
  • Le document iconographique ne se décrit pas, il s'interprète : d'où il vient, à quoi il sert, ce qu'il écarte.
  • Quatre sources sont nommées par la consigne de l'essai : lectures, travail de l'année, corpus, culture personnelle.
  • Le sujet le plus « évident » n'est pas le plus facile. En temps limité, le plan thématique est le pari raisonnable.
  • Une transition contient un mot du paragraphe qui ferme et un mot de celui qui ouvre.
  • Un connecteur par paragraphe, deux au maximum. en effet justifie · en fait corrige · or contrarie · certes appelle un « mais ».
  • Les erreurs les plus chères ne sont pas des fautes de français : ce sont des erreurs de geste.

Sources exploitées

  • bts-culture-general-et-expression.pdf — le sujet officiel de la session 2025 (25CULTGEN), « À table ! : formes et enjeux du repas » : le corpus intégral, les trois questions et les deux sujets d'essai. Support de tous les exercices.
  • methodologie-epreuve-cge-bts.docx — la méthode distribuée en cours : consignes officielles, tableau de confrontation, organisation du jour J (exercices 1, 2, 4, 8 et 10)
  • methodologie.pdf et methodologie.docx — les notes manuscrites de l'élève : structure des réponses et options de plan (exercices 3 et 9)
  • tableau-dequivalence-des-connecteurs-logiques…pdf — le tableau des connecteurs par type de relation (exercices 12 et 13)
  • corrige-culture-ge.pdf — proposition de corrigé commerciale de ce sujet. Document sous droits, non reproduit : les réponses proposées ici ont été rédigées à partir du corpus seul.

Note de droits. Jules Vallès (1832-1885) est dans le domaine public : L'Enfant est cité librement. Pascal Lardellier publie en 2013 : son texte n'est cité qu'en formules de trois à six mots, longueur que la méthode exige de toute façon.