⚡ L'épreuve en une ligne
3 heures · 20 points · deux exercices qui demandent
l'inverse l'un de l'autre
| Partie 1 — les questions | Partie 2 —
l'essai |
| Points | 10 | 10 |
| Temps | 1 h 30 | 1 h 30 |
| On donne |
2 à 3 documents · 2 à 4 questions |
2 sujets, un seul à traiter |
| L'avis personnel |
interdit |
obligatoire, et étayé |
Le basculement se fait au milieu de la copie, et il faut y penser
consciemment. Donner son avis en partie 1 est hors sujet ; n'en donner aucun en
partie 2 l'est tout autant.
⚡ Les trois heures, minute par minute
| Durée | Ce qu'on fait |
| 5-10 min | parcourir tout le sujet —
les deux sujets d'essai compris |
| 80 min | lire, remplir le tableau de confrontation,
rédiger les réponses |
| 5 min | relire les deux sujets et
choisir |
| 15-20 min | bâtir le plan au brouillon |
| 55-60 min | rédiger l'essai d'un trait |
| 10 min | relire : orthographe, syntaxe,
cohérence |
Le geste le plus rentable est le premier. Pendant les 80 minutes de
questions, noter au brouillon tout ce qui servira à l'essai : c'est le seul moment où
l'on travaille les deux parties en même temps.
Déborder sur la partie 1 sacrifie l'essai — et l'essai ne peut pas être
bâclé : il n'y a rien à recopier.
⚡ Le repérage, sept questions
- Combien de documents, de quelle nature ?
- Quelles dates, quel écart ?
- Combien de questions, combien de points ?
- Quels documents pour chaque question ?
- Quel thème commun ?
- Les deux sujets, quel plan appellent-ils ?
- Pour lequel ai-je déjà des exemples ?
La 4 est celle qu'on saute. Répondre en convoquant un document que la question
n'appelle pas, c'est répondre à côté — même brillamment.
⚡ Le tableau de confrontation
Au brouillon, format paysage, une colonne par document.
nature & date · idée 1 · idée 2 ·
idée 3 · ton et intention
Puis deux lectures transversales :
- Ce qui converge → les points d'appui
- Ce qui diverge → la matière la plus intéressante
Le document iconographique n'apporte presque jamais d'idée nouvelle.
Il confirme, illustre ou nuance.
⚡ Confronter n'est pas juxtaposer
| ✗ Par document | ✔ Par idée |
1. ce que dit le doc 1 2. ce que dit le doc 2 3. ils se
ressemblent |
1. premier lien → chez l'un… chez l'autre… mais…
2. deuxième lien → chez l'un… chez l'autre…
3. troisième lien → net chez l'un, discret chez l'autre |
Un lien se formule en une phrase qui vaut pour les deux textes. Si
elle ne vaut que pour l'un, ce n'est pas un lien : c'est une idée.
Chaque paragraphe cite les deux documents — c'est la marque
matérielle de la confrontation — et se termine par son « mais ».
Test : reformuler chaque lien en « les deux textes…, mais… ». Si
le « mais » ne vient pas, le lien est trop plat.
⚡ Les trois types de question
| La question | Ce qu'elle demande | Le plan |
| « Quels liens établissez-vous ? » |
confrontation : points communs et divergences |
un paragraphe par lien, trois ou quatre |
| « Quel regard porte X ? » |
analyse d'un seul document : le point de vue, ses ambiguïtés |
le premier regard, puis ce qui le nuance ou le retourne |
| « Vous donnerez un titre, en justifiant » |
synthèse : ce qui réunit tout le corpus |
le titre, puis une justification document par
document |
« Narrateur » ≠ « auteur ». On analyse une voix, pas une
biographie.
Un bon titre = un thème + un enjeu + une tension. Un titre
qu'aucun document du corpus ne pourrait démentir est un titre vide.
⚡ La structure d'une réponse
- Présenter — genre, auteur, date, contexte, en deux lignes
- Reprendre la question, reformulée de façon problématisée
- Développer — un paragraphe = un lien ou un aspect
- Étayer — une référence précise par affirmation
- Conclure — deux phrases, une déduction
Une citation utile fait trois à six mots, porte son numéro de ligne,
et se commente. La citation longue ne prouve rien et mange le temps.
⚡ Les quatre plans
| Dialectique |
question fermée → oui · mais · dépassement |
| Thématique |
question ouverte → 3 à 4 aspects |
| Analytique |
un phénomène → constat · causes · conséquences |
| Descriptif nuancé |
temps court → réponse · justification · « mais… » |
Le type de plan se lit dans la forme de la question, avant même
d'avoir des idées.
En temps limité, le thématique est le pari
raisonnable : il se complète. Un dialectique amputé de sa seconde partie ne veut plus
rien dire.
⚡ L'essai — introduction, développement, conclusion
| Moment | Ce qu'on écrit |
| Accroche |
un fait daté, un constat, un paradoxe.
Jamais une définition de dictionnaire ni
« de tout temps, les hommes… » |
| Sujet |
cité entre guillemets, mot pour mot, puis reformulé en
vraie question |
| Annonce |
« d'abord…, puis…, avant de… » — et non « dans une première
partie nous verrons que… » |
| Développement |
un paragraphe = un argument + un ou deux exemples. Un argument sans
exemple n'est qu'une opinion. |
| Conclusion |
synthèse brève · réponse explicite à la problématique ·
ouverture |
La consigne nomme quatre sources : les lectures, le travail de
l'année, le corpus, la culture personnelle. Une copie qui n'en mobilise qu'une s'est
privée des trois autres.
Mieux vaut pas d'ouverture qu'une mauvaise ouverture. Une
bonne ouverture déplace le sujet d'un cran : même question, autre échelle, autre
époque, autre milieu. « Et qu'en sera-t-il demain ? » n'ouvre rien.
⚡ La transition
[ce qu'on vient de montrer] +
[ce qu'on va montrer]
« Le repas partagé apparaît donc comme le principal atelier du lien familial.
Encore faut-il que ce moment soit choisi. Or il est, le plus souvent,
imposé. »
Le test : une transition réussie contient un mot du
paragraphe qui ferme et un mot de celui qui ouvre. Si aucun
des deux n'apparaît, la phrase est une cheville.
Ce qui n'en est pas une : « nous allons maintenant voir que… »
(n'ouvre que la suite) · « deuxièmement… » (un numéro, pas une pensée) · « d'autre
part, il faut aussi dire que… » (le lien logique n'est pas dit).
⚡ Les connecteurs — les quatre qu'on emploie de travers
| Connecteur | Ce qu'il fait | La confusion |
en effet | justifie ce qui
précède |
employé pour en fait, il inverse le sens du
paragraphe |
en fait | corrige ce qui
précède | — |
or | contrarie et prépare une autre
conclusion |
employé pour donc, il transforme un raisonnement en
liste |
certes | concède |
sans « mais », ce n'est pas une concession : c'est un
abandon |
Les familles utiles : classer (d'abord · ensuite · enfin) ·
ajouter (de plus · en outre · par ailleurs) · opposer (mais · cependant ·
en revanche · néanmoins) · concéder (certes · bien que · même si) ·
justifier (car · en effet · puisque) · illustrer (ainsi · notamment ·
en particulier) · conclure (donc · par conséquent · c'est pourquoi) ·
restreindre (toutefois · ne… que · hormis).
Un connecteur par paragraphe, deux au maximum. Sept
connecteurs pour sept phrases est le signe qu'aucune phrase ne découle de la
précédente.
⚡ Les dix erreurs qui coûtent le plus
| # | L'erreur | Pourquoi elle coûte cher |
| 1 | Déborder sur la partie 1 |
l'essai vaut 10 points et n'a rien à recopier |
| 2 | Donner son avis en partie 1 |
la consigne l'interdit explicitement |
| 3 | N'en donner aucun dans l'essai |
la consigne l'exige tout aussi explicitement |
| 4 | Juxtaposer au lieu de confronter |
c'est le mot-clé de l'intitulé |
| 5 | Citer sans commenter |
une citation n'est pas un argument : elle en est la preuve |
| 6 | Décrire le document iconographique |
le correcteur a la même image sous les yeux |
| 7 | Répondre en quelques mots |
« réponse développée et argumentée » figure dans l'énoncé |
| 8 | Traiter les deux sujets d'essai |
un seul est corrigé, et le temps est divisé par deux |
| 9 | Oublier la transition |
l'essai devient une liste sans progression |
| 10 | Sauter la relecture |
le meilleur rapport points/effort de l'épreuve |
Les erreurs 2, 4, 5 et 6 ne contiennent aucune faute de
français. À ce niveau, on ne perd presque jamais sur la langue : on perd sur
le geste.
⚡ Ce qui distingue une bonne copie
Ce n'est presque jamais la quantité de connaissances. C'est
la variété des registres de références et la
nuance.
Un essai qui convoque un roman, un film, une étude sociologique et un fait
d'actualité montre une culture mobilisable. Un essai qui cite dix romans
montre une bibliothèque. Le référentiel demande le premier : « s'approprier
personnellement une culture acquise en cours de formation ».
Trois références solides bien employées
> dix citées de loin
D'où l'intérêt de tenir, pendant l'année, une liste de
références par thème : deux ou trois œuvres, un film, une statistique, un
fait de société.